A la veille de Baselworld, voici le deuxième article de notre série sur la montre du futur.
Lire le premier article ici.

Design : Il faudra cependant que le design intègre plusieurs facteurs : un fond plein pour recharger la batterie, de la place pour des capteurs (santé), une nouvelle attache pour le bracelet (nous parlerons de cela plus tard), un système pour connecter le verre saphir avec le moteur digital de la montre, un logement isolé pour le calibre manufacture et le moyen de retirer des modules de la montre sans avoir recours à un horloger. En effet, LA solution à l’obsolescence horlogère passe par l’idée développée dans le projet ARA de Google. Il suffit de concevoir un module digital interchangeable et qui s’intègre dans la montre. De cette façon, cette dernière conservera sa capacité à durer propre à un objet « de luxe », et celle à évoluer propre à un outil digital ! 

Google Project ARA

Un prototype d'objet modulaire basé sur le projet Google ARA. © All rights reserved

Bracelet : il risque de devenir la pièce majeure de la Montre 2.0. Pourquoi ? Récemment un chercheur a trouvé le moyen de créer de l’énergie électrique grâce à la chaleur du corps et via des « bandelettes » high tech. On peut donc facilement imaginer un bracelet producteur d’énergie, connecté à la boîte de la montre par une attache spécifique. Dans ce cas, la problématique de la recharge serait éliminée, ou du moins réduite. Il suffirait d’une batterie rechargeable via le bracelet ou via induction pour assurer à la montre une réserve de marche suffisante. 

A watch that can generate electricity from body heat

Une montre capable de produire de l'électricité à partir de la chaleur corporelle. © All rights reserved

Matière : l’avenir est à l’aluminium et aux plastiques recyclés, ou à de nouveaux alliages légers et bio compatibles. C’est le futur autre combat de l’horlogerie connectée : la qualité environnementale sera regardée de près par les nouveaux clients.

La glace saphir : avec l’énergie, c’est l’autre défi de la Montre 2.0. Comment paraître « digitale » et « mécanique » en même temps. La solution vient de la structure du verre saphir, et de la mise en place d’une nouvelle complication qui existe déjà dans d’autres secteurs : la capacité à « projeter » des images sur la glace ou à les faire disparaître pour qu’elle redevienne transparente. Le nouveau verre saphir servira à la fois d’interface et de protection. Il sera connecté au moteur digital de la montre, et actionné par son propriétaire, faisant passer la montre d’un look classique, à un « i-look ».

Les fonctions mécaniques : elles deviendront secondaires en matière de rôle, mais primordiales en matière d’émotion. La montre pourra donc abriter différents calibres ultra fins, 3 aiguilles, chronographes, GMT, pour faire « comme si ». Ils devront s’intégrer au design de la pièce est pourront oser quelques innovation stylistiques comme la couleur avec des calibres, bleus, rouges, ou verts !

Le module digital : il fonctionnera de pair avec le calibre mécanique et cohabitera dans la boîte. Il faudra soit le cacher, soit le rendre attractif visuellement. Aujourd’hui, pas mal de gadgets permettent de visualiser l’énergie. Pourquoi ne pas essayer dans la montre ? Comme évoqué, il devra probablement être amovible. 

Les fonctionnalités digitales : ici, « sky is the limit », mais on pourrait penser à quelques ajouts aux classiques agenda / santé / communication. Pourquoi ne pas penser à des fonctionnalités qui donnent des informations sur le fonctionnement du calibre manuel.
Ce serait aussi inutile que fascinant.

Conclusion : qui et quand ?
Voici donc une feuille de route qui pourrait inspirer quelques maisons horlogères. Elles ont probablement déjà commencé à travailler sur quelques-une de ces idées. Mais le salut viendra aussi de leur capacité à s’ouvrir au monde, et ne pas rester enfermée dans un désormais suicidaire « chez nous , ce n’est pas comme chez les autres » …

A vos idées ….