Il n’y avait que deux petits salons, à l’abri des regards indiscrets, dans une aile moins fréquentée du Château de Chantilly. On n’y trouvait que huit Richard Mille : quatre pour hommes, quatre pour femmes. Dès la mi-journée, un client d’Asie avait pénétré ce mini show-room, vu les pièces, et en était ressorti avec ce seul commentaire : « Je les prends toutes ». Voilà résumé en bien peu de mots l’esprit de Chantilly : engouement absolu.

Un ciblage très large
Engouement, parce qu’avec 10’000 visiteurs dès la première année et 13’500 la seconde, c’est une augmentation de 35% de la fréquentation, un taux dont bien des expositions rêvent, surtout en un lieu excentré à 1h de Paris, le domaine de Chantilly.

Mais l’engouement se traduit aussi par la diversité des visiteurs : familles, exposants, clubs amateurs de voitures anciennes, détaillants, médias, partenaires, clients finaux, tous s’étaient donné rendez-vous pour ce dimanche à la campagne, représentant au final l’écosystème quasiment complet de Richard Mille. Même les constructeurs automobiles (BMW, Mercedes-Benz, DS, Mc Laren, Ford, principalement) étaient venus avec des prototypes ou concept-cars, un privilège habituellement réservé aux grands salons automobiles internationaux, notamment celui de Francfort qui ouvre 10 jours plus tard.

Concours d'Elégance © David Carteron

Grand public ou élite ?
L’absolu, c’est le caractère unique du Concours d’élégance. Tout y est soigné dans les moindres détails, depuis les plats cuisinés par trois chefs jusqu’aux animations les plus diverses pour séduire un public exigeant. « Certains visiteurs, notamment américains, m’ont confié dès la première année que l’on rivalisait voire dépassait un Pebble Beach ou un Villa d’Este », confie Richard Mille à propos des deux autres grands concours d’élégance.

Reste que ces grands rassemblements visent l’exclusivité, les happy fews. Comment préserver cette dimension élitiste...avec 13’500 visiteurs ? « A partir du moment où l’on préserve la légitimité de l’événement, moi, cela me va », répond Richard Mille. « Oui, l’on peut venir en famille au Concours d’Elégance, mais l’esprit de rigueur, notamment le dress code, n’est nullement sacrifié. Qui plus est, ce que je vise avec mon ami Patrick Peter n’est pas la fréquentation pour la fréquentation, le nombre pour le nombre. Ce qui m’intéresse, c’est avant tout le caractère international de l’événement ». Pari réussi, avec 850 voitures exposées et un nombre de collectionneurs et de médias venus d’Asie, des Etats-Unis et du reste de l’Europe en hausse cette année.

Richard Mille © David Carteron

L’événement phare de la rentrée
Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que le Concours d’Elégance se soit imposé comme la pierre angulaire de l’année Richard Mille. Déjà, parce que l’événement est annuel, contrairement au Mans Classic, autre rendez-vous de l’horloger mais qui se déroule tous les deux ans. Quant aux Voiles de Saint-Barth, la course est nettement plus élitiste, ne serait-ce que par sa localisation caribéenne.

Tout naturellement, Chantilly s’est donc taillé la part du lion dans le calendrier Richard Mille, mais pas seulement. Les constructeurs automobiles l’ont à présent intégré dans leur agenda de nouveautés. Et même les politiques français se mettent à l’heure de Chantilly, avec le passage remarqué de François Fillon, grand amateur de belles montres et belles autos, mais aussi et surtout présidentiable en pré-campagne. Lorsqu’une manifestation passe de l’événement où il faut être, à celui où il faut être...vu, le pari est gagné. Et ceux qui n’y ont pas paradé cette année ont déjà noté une date en rouge dans leur agenda : 4 septembre 2016, pour la troisième édition.

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