Le lourd fardeau de 250 ans d’héritage chez Vacheron Constantin n’étouffe en rien l’enthousiasme de son CEO Juan Carlos Torres pour les technologies de pointe.
Vacheron Constantin est l’une des quatre marques à produire des garde-temps dont la haute qualité satisfait aux normes strictes du Poinçon de Genève – les trois autres étant Cartier, Chopard et Roger Dubuis. A ce titre,  la manufacture est fortement impliquée dans le développement de ce prestigieux certificat, en collaboration avec la fondation Timelab, responsable depuis 2008 du Poinçon de Genève,  au nom de la République et Canton de Genève.

 

Juan Carlos Torres, CEO of Vacheron Constantin

Juan Carlos Torres, CEO de Vacheron Constantin, lors de l'annonce en conférence de presse du nouveau procédé technologique d'apposition du Poinçon de Genève. © point-of-views.ch

 

Du poinçonnage à la nanostructure
Depuis son établissement en 1886, le Poinçon de Genève était, comme son nom l’indique, poinçonné sur le mouvement, selon la technologie en cours à l’époque. Comble de l’ironie, le poinçonnage de ce sceau destiné à garantir l’extrême qualité de l’objet sur lequel il est apposé, déforme la surface de l’objet.

En plus de cette aberration esthétique, le risque de cassure de la pièce poinçonnée n’est pas négligeable.  Comme l’explique Juan Carlos Torres à WorldTempus,  le pont du mouvement Vacheron  Constatin sur lequel est apposé le sceau coûte à lui seul une centaine de francs suisses, et chaque pièce gaspillée alourdit la note.

« Le nouveau procédé  d’apposition du sceau coûte deux fois plus cher – passant de cinq à dix francs suisses par pièce », explique-t-il, « mais cette façon de faire éradique le gaspillage et au final, revient bien moins cher que le poinçonnage traditionnel.  De toute façon,  ce chiffre n’est qu’une fraction du coût global de la valeur ajoutée qu’induit le Poinçon de Genève, qui peut ajouter de 30 à 50% au prix de la montre. »

 

Autres avantages
Le nouveau procédé de nanostructure est exécuté sur une machine qui peut être intégrée directement dans le processus de production et est d’une utilisation aisée.  Remémorant ce qui aurait été pour lui la machine de rêve, Juan Carlos Torres compare cette simplicité d’utilisation  à une autre grande invention suisse : la machine à café Nespresso.

Outre sa facilité d’utilisation,  le nouveau procédé permet également au sceau d’être apposé sur des garde-temps que le poinçonnage traditionnel n’aurait pas permis, comme par exemple sur des pièces en platine (trop dures) ou des montres ultrafines (trop fines).

Si ce procédé révolutionnaire ne concerne finalement que 40'000 montres par an – ce qui représente moins de 0,15% des exportations suisses en 2013 - il est aussi destiné à être mis en oeuvre dans d’autres domaines, comme la joaillerie, l’aérospatiale, ainsi que la médecine (prothèses et instruments).

On a peu insisté jusqu’à présent sur le fait que chaque gravage individuel pouvait être rendu unique par l’adjonction, par exemple, de quantités infinitésimales de terres rares, ouvrant ainsi la voie à l’identification unique d’un garde-temps…