Vous êtes à la tête de Boucheron depuis quatre ans et on a vu la marque évoluer sur cette période.  Votre stand à Baselworld,  plus aéré et accueillant, est un exemple des changements que vous avez amenés.  Quelles étaient vos priorités à votre arrivée chez Boucheron ?
Une de mes priorités était de travailler sur les valeurs intrinsèques de la Maison, à savoir les archives et le patrimoine que Frédéric Boucheron nous a laissés. Il fut le premier à ouvrir une boutique à la place Vendôme, en 1893, et mit au point de nombreuses techniques pour l’horlogerie et la haute joaillerie. Il était important pour nous de réinterpréter tout cela avec notre nouvelle Directrice Artistique, Claire Choisne, qui a rejoint la Maison en septembre 2011. Depuis lors, toutes nos nouvelles créations ont été inspirées par ce que nous avons trouvé dans les archives et elles sont liées à l’histoire. C’est ce qui nous différencie des marques de mode qui ne sont entrées sur le marché que récemment.

Nous voulions aussi une collection joaillière iconique et nous avons relancé la « Quatre », qui reprend les quatre codes artistiques de la marque : les doubles godrons, le serti miroir, les grosgrains et les clous de Paris.

De plus, il était important de revenir à la Biennale de Paris pour y présenter nos collections de haute joaillerie. C’est ce que nous avons fait en 2012 et à nouveau l’année passée, avec succès.

Le quatrième pilier de ma stratégie était le développement de nos activités en Asie. Nous avons donc ouvert un bureau à Hong Kong pour gérer les affaires de nos plus gros marchés dans la région, à savoir Hong Kong, la Corée, Taiwan et notre marché de gros en Chine continentale, la Malaisie, Singapour et l’Australie.

Boucheron Epure

Modèle Epure en acier. © Boucheron

Pouvez-vous nous expliquer l’idée qui sous-tend la collection horlogère 2015 ?
En horlogerie, nous avons épuré les collections depuis trois ans. L’exemple le plus concret en est la ligne... Epure, lancée en 2013 dans sa version en or, et il nous importait de montrer la nouvelle direction de la marque vers l’élégance et le classicisme. Cette année, nous présentons des modèles Epure en acier, plus accessibles. Nous n’entrerons pas dans la bataille du marché des montres à complications.
Après tout, nous sommes une marque joaillière, comme l'illustre parfaitement la Lierre de Lumière, une pièce unique dotée d’un bracelet entièrement serti de diamants et qui dissimule une montre à secret. Voilà le type de produit qui nous intéresse.

Boucheron Lierre de Lumière

Un croquis de la pièce unique Boucheron Lierre de Lumière. © Boucheron

A travers le Kering Group, nous disposons d’un centre de production à Cortaillod (Neuchâtel),  mais nous possédons aussi une véritable légitimité dans le domaine puisque Boucheron lançait sa première montre en 1859, à peine une année après sa fondation.

Quel bilan tirez-vous de Baselworld 2015?
La situation est très positive et de nouveaux détaillants viennent frapper à notre porte. Je pense que le fait d’avoir réduit la taille de nos collections et lancé moins de nouveautés – ce qui simplifie le travail d’inventaire des détaillants – nous a aidés.  Je pense que nous avons regagné la confiance des détaillants et passé un cap décisif.