Vous avez frappé fort avec les modèles Diagono Magnesium à Baselworld.  Outre la prouesse technologique du concept Bulgari Vault, l’emploi du magnesium est lui-même inhabituel, car difficile à usiner. Pourtant, le prix de 4000 francs suisses est très compétitif. Comment avez-vous fait ?
Nos produits doivent être durables. Après tout, nous avons l’obligation d’être rentables. La technologie et le développement qui sous-tendent la Magnesium sont très compliqués, mais cela fait aussi partie du défi intellectuel que de trouver des développements qui s’accordent avec la maîtrise des coûts. Dans le cas de la Diagono Magnesium, par exemple, le milieu du boîtier est injecté, ce qui est un moyen bien plus rentable de fabriquer le composant. Cela nous a permis d’investir davantage dans un polymère spécial, le PEEK et dans la céramique.

Bulgari_Diagono-Magnesium_Expl.jpg

Diagono Magnesium. © Bulgari

Comment souhaitez-vous voir cette collection évoluer ? Peut-être avec un chronographe ?
Oui, la collection exige un chronographe et donc, nous y réfléchissons déjà. Mais c’est bien d’avoir lancé la montre en aluminium comme nous l’avons fait : avec un modèle simple heures-minutes-secondes. Je pense que les versions en noir, bleu ou marron rendent la collection très attractive – même si nous vendrons probablement davantage de modèles couleur argent ou anthracite, qui sont plus faciles à porter.

Est-ce pour cette raison que vous avez choisi la version marron pour le modèle Magnesium qui inclut le « vault » Bulgari ?
Les hommes veulent quelque chose de fort et de différent. Tous n’aimeront probablement pas les modèles bleus ou marrons, mais ce sont des couleurs très masculines et sophistiquées, car intemporeles. Vous les trouvez sur les voitures de luxe. En fait, notre fournisseur de peinture vient de l’industrie automobile et beaucoup de recherches ont été faites pour trouver des couleurs et des finitions qui plaisent aux hommes.
 

Bulgari-Diagono-Magnesium_102364_102306.jpg

Diagono Magnesium, réf. 102364 et 102306. © Bulgari

 

"Peut-être que la logomania n’aurait jamais vu le jour sans la Bulgari Roma"

Que retenez-vous d’autre dans la collection 2015 de Bulgari ?
L’Octo Finissimo est une de mes pièces préférées. Je porte la version en or rouge et cadran noir, qui, pour Bulgari, est la combinaison chromatique parfaite,  et j’adore cette montre. Mais c’est aussi le 40e anniversaire de la Bulgari Roma, qui a marqué l’entrée de la marque dans l’horlogerie de façon extraordinairement puissante puisque c’était la toute première fois qu’un nom de famille était utilisé comme logo. Peut-être que la mode actuelle de la logomania n’aurait jamais vu le jour sans la Bulgari Roma. Ce n’est pas du tout un accessoire de mode, mais bien un véritable objet de luxe puisque sa source est noble : elle remonte aux empereurs romains qui faisaient graver leur nom sur les pièces de monnaie. Pour son 40e anniversaire, nous avons gardé les proportions originales de la Bulgari Roma, mais agrandi  le boîtier à 40mm, une taille plus contemporaine qui permet d’accueillir le mouvement Finissimo.

Bulgari-Octo-Finissimo_102371.jpg

Octo Finissimo réf. 102371. © Bulgari

Votre nouveau slogan fait référence à 2600 ans d’inspiration.  Allez-vous vraiment remonter si loin pour trouver des idées pour vos nouveaux produits ?
L’inspiration, c’est la puissance de Rome. Jadis, Rome était la capitale du monde. C’est la Ville Eternelle. Elle est majestueuse et son architecture est faite de puissance.  Et notre inspiration se nourrit de cette puissance-là. Prenez l’Octo par exemple : son design est influencé par l’architecture romaine. La symbolique du serpent des modèles Serpenti remonte à Cléopâtre et est un symbole de féminité.