En janvier dernier, Jean-Marc Mansvelt est devenu directeur général de Chaumet International, après avoir passé dix ans chez Louis Vuitton comme Directeur marketing de la maroquinerie. M. Mansvelt avait rejoint Louis Vuitton en 1994, après 16 ans chez L’Oréal dans le secteur marketing du géant des cosmétiques, notamment chez Lancôme. Il a succédé à Thierry Fritsch, qui dirigeait la Maison Chaumet depuis 2001.

Avez-vous déjà de l’expérience dans le domaine de la joaillerie et de l’horlogerie ?
Je travaillais déjà au sein du groupe LVMH, j’ai passé 10 ans à la division maroquinerie de Louis Vuitton. Je n’ai pas d’expérience en soi de la joaillerie ou de l’horlogerie, mais cela n’est pas un problème. Lorsque je suis arrivé chez Louis Vuitton il y a dix ans, je ne connaissais pas la maroquinerie non plus. C’est plutôt une opportunité captivante et il y a tant à apprendre. Il y a dans cette magnifique maison beaucoup de personnes avec un tel savoir, et il faut s’y plonger pour comprendre parfaitement ses valeurs essentielles et sa culture.

Pourquoi avez-vous été choisi comme directeur général de Chaumet ?
Vous devriez demander cela à M. Arnault. Chez LVMH on a une vision à long terme pour ceux qui sont fidèles au groupe, c’est une question de confiance. M. Arnault me connaît bien depuis dix ans. Nous nous sommes rencontrés chaque semaine pendant une décennie, et il a dû estimer que c’était un bon choix. Il ne laisse rien au hasard.

Jean-Marc Mansvelt. © DR

Comment avez-vous commencé à vous familiariser avec les traditions horlogère et joaillère de cette illustre maison ?
C’était un mélange de plusieurs choses. En premier lieu, évidemment, en me penchant sur l’histoire et en travaillant avec les archives de la maison. J’ai étudié à fond les dessins, les archives photos et les créations de la maison. J’ai pris soin de rencontrer les gens dans tous les secteurs de l’entreprise, car chacun contribue à faire de la Maison Chaumet ce qu’elle est. Avec 500 collaborateurs à travers le monde, ce n’était pas une tâche insurmontable. C’était aussi important pour moi de quitter Paris et de découvrir ce que Chaumet propose dans le monde. Finalement j’ai passé du temps dans nos ateliers avec les artisans qui contribuent à la beauté de Chaumet. Il me reste encore beaucoup à faire.

Quels sont les principaux défis de ce poste à votre avis ?
Je sais qu’on ne peut pas imposer ses vues à ceux qui connaissent et font bien leur travail. Mais il faut être capable d’établir le dialogue. Il s’agit clairement d’un défi, pour l’horlogerie autant que pour la joaillerie. Je travaille encore  à  forger mes propres opinions pour décider dans quelle direction nous voulons aller avec la Maison Chaumet. Chaque maison du groupe LVMH trace sa propre destinée, avec l’approbation et le soutien du groupe et de M. Arnault. De plus, je n’ai jamais été directeur général avant, et c’est un métier que je dois aussi apprendre.

Quelle est votre stratégie immédiate pour Chaumet ?
A sa création, en 1780, Chaumet a inventé le concept de joaillerie parisienne. Ce n’est pas un hasard si nous sommes situés au centre de la Place Vendôme. Notre priorité aujourd’hui est de ramener Chaumet au sommet. Cela signifie mieux mettre en valeur l’histoire de la marque afin de mieux faire comprendre ce que représente Chaumet à travers ses 235 ans d’histoire, son héritage exceptionnel, sa longévité incomparable, et relier cette histoire à ses créations contemporaines.

Quelle idée y a-t-il derrière la nouvelle collection « Joséphine » ?
Il y a eu une première collection Joséphine en 2010. Cette collection était très symbolique de la maison et a été bien accueillie par nos clients. Cette deuxième collection présente de nouvelles facettes et de nouvelles interprétations de l’Impératrice Joséphine. Les maisons de joaillerie doivent faire vivre leur histoire au profit de clients qui leur ont confié leurs commandes et apprécient un produit qui dure et devient éternel.

Joséphine Montre Éclat Floral. © Chaumet

Comment se situe Chaumet aujourd’hui au niveau mondial ?
Nous sommes déjà connus au niveau mondial. Nous sommes présents en Europe, en Chine, à Hong Kong, à Singapour, au Japon et au Moyen-Orient. Nous n’avons été sur le marché américain que de façon épisodique, à deux occasions. Toutes les grandes familles américaines ont été clientes de la maison, nous avons donc été présents par l’entremise de nos produits et de nos clients. Nous établirons forcément une présence physique aux Etats-Unis un jour, le moment venu. Le temps en haute joaillerie est long. Nous existons depuis 235 ans et nous serons encore là dans 235 ans.