Quels sont les points forts de Cuervo y Sobrinos en 2015 ?
Cuervo y Sobrinos fête ses 11 ans cette année et nous avons participé aux 9 dernières éditions de Baselworld. La marque poursuit sa croissance et je continue de fabriquer des produits qui sont différents. Par exemple, j’ai lancé la ligne Vuelo, un concept totalement novateur pour nous. J’utilise aussi un bracelet de montre que personne d’autre n’a : il est en cuir de crocodile doublé d’alcantara. De plus, nous travaillons aussi avec un partenaire externe à un tout nouveau mouvement pour l’année prochaine, qui aura un système de remontage totalement innovant.

Que pensez-vous des marques horlogères qui utilisent les cigares comme source d’inspiration pour leurs montres? N’est-ce pas votre chasse gardée légitime ?
Tout l’univers de Cuervo y Sobinos rappelle le cigare, mais je ne souhaite pas suivre la même approche que d’autres marques. Je préfère faire appel à l’histoire authentique de la Maison, et si je n’ai rien qui rappelle La Havane ou Cuba, alors je ne peux pas développer la marque. Le cigare est parfois présent dans nos produits – je pense aux boîtes à cigares - mais je crois qu’il faut être prudent.  Si quelqu’un veut afficher des photos de nos montres dans un club de fumeurs de cigares, tant mieux. Mais je ne veux pas que les montres et les cigares soient directement associés.

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Historiador Vuelo Ref. 3201.1I © Cuervo y Sobrinos

Comment voyez-vous l’année 2015 ?
Plusieurs pays sont en train de surmonter la crise économique, comme l’Espagne par exemple. Au contraire, la situation empire ailleurs, comme en Russie. C’est le cas en Chine aussi, mais nous avons l’avantage de n’être sur ce marché que depuis moins d’un an et donc nos stocks n’y sont pas énormes. Des entreprises comme le Swatch Group y ont exporté en grandes quantités, suivant en cela leurs prévisions de vente,  et elles se retrouvent aujourd’hui avec de gros stocks sur les bras.

"1.Japon 2.Chine 3.Espagne

Quels sont vos trois marchés les plus importants ?
C’est drôle de constater que nos trois plus grands marchés montrent à quel point notre philosophie est internationale. Le premier est le Japon, le second la Chine et le troisième l’Espagne.Chacun a sa mentalité propre, et en Espagne, bien sûr, notre nom appartient à la culture. Le Japon est un cas intéressant : le style de vie particulier que notre marque propose n’existe pas vraiment là-bas et tout le problème réside dans la façon de le communiquer via les différents intermédiaires. J’explique notre philosophie  à l’importateur, qui à son tour l’explique au détaillant, qui, au final la transmet à ses clients. C’est à ce niveau qu’il y a beaucoup de travail à faire.

Comment définiriez-vous ce style de vie ?
C’est un luxe culturel. Un des visiteurs de Cuba les plus célèbres était Ernest Hemingway. Il ne prônait pas le luxe tel qu’on l’entend aujourd’hui, en portant par exemple des vêtements de luxe ou de grands couturiers, mais il avait pourtant une vraie philosophie de luxe.