Ce n’est que la deuxième participation de Girard-Perregaux à Baselworld. Comment cela s’est-il passé ?
C’était une foire très importante pour nous car nous devions prouver la viabilité de notre modèle Echappement Constant, que nous avons présenté l’an dernier. D’une certaine façon, nous étions la surprise de Baselworld l’année passée et depuis, ce modèle a remporté de nombreuses distinctions internationales, y compris bien sûr l’Aiguille d’Or du Grand Prix d’Horlogerie de Genève. Le défi consistait à réaliser ce genre de profonde innovation mais aussi à le faire rapidement. C’est pourquoi nous lançons cette année le Tourbillon Tri-Axial, très impressionnant dans son exécution et par la prouesse technique qu’il représente.
Un autre projet que nous avons lancé il y a quelques années est de concevoir un tourbillon sous trois ponts plus moderne. Ce modèle est une icône de la marque depuis près de 200 ans et nous avions le sentiment que nous devions faire quelque chose de plus contemporain et de plus séduisant en termes de design.

Combien de temps a-t-il fallu pour développer le Tourbillon Tri-Axial ?
A peu près un an et demi, donc cela a été très rapide. Mais pour être tout à fait transparent, nous avons bénéficié de l’expérience d’un horloger externe qui a travaillé avec nos ingénieurs.

 

Girard-Perregaux-Tri-Axial_Tourbillon

Tourbillon Tri-Axial. Après moins de deux ans de développement, Girard-Perregaux présente son nouveau calibre GP09300 avec un tourbillon tri-axial qui repose sous un renflement caractéristique de forme torique sur le verre saphir. © Girard-Perregaux

 

Le Neo-Tourbillon est-il une initiative de la marque ou la réponse à une demande de la clientèle ?
Après tant d’années avec le tourbillon classique sous trois ponts d'or, nous avons ressenti le besoin d’un renouvellement qui représenterait un défi technique. Nous y sommes parvenus en utilisant du titane et un fini brossé, ainsi qu’en apportant des changements au boîtier : il est plus épais à midi et plus fin à six heures pour permettre à la lumière de souligner la construction. De plus, nous avons réussi à le rendre 45'000 CHF moins cher que nos autres modèles tourbillon.

Vous êtes impliqué dans deux activités promotionnelles très distinctes : le projet consacré aux Jeunes Horlogers et le partenariat avec l’Academy Museum of Motion Pictures. En tant que photographe amateur, quelle est votre vision de ce partenariat ?
La collaboration avec l’Académie est très importante pour nous, car c’est la toute première fois que cette institution a un partenaire. Cela nous donne aussi la possibilité de plonger dans des archives de 12 millions de photos qui couvrent l’industrie du cinéma depuis ses débuts. Cela nous a permis d’utiliser des photos célèbres pour nos campagnes de publicité, comme celle avec Alfred Hitchcock l’an dernier.

Quelles ont été les réactions de vos partenaires et de vos clients au projet consacré aux Jeunes Horlogers ?
Nous avons de nombreuses demandes pour que la Tournée des Jeunes Horlogers passe par leur pays, nous devons donc être très prudents dans la planification des voyages, sans quoi il ne restera personne pour assembler les montres ! Ce projet est un immense succès et j’en suis très heureux pour plusieurs raisons. D’abord parce que je voulais de la transparence dans la société. Ensuite parce que c’est une grande motivation pour les horlogers et leurs collègues: ils voient que nous croyons en nos collaborateurs et que nous dirigeons l’attention sur eux. Enfin parce qu’en les faisant parcourir le monde et montrer aux gens comment on assemble une montre, nous rendons aussi service à l’industrie dans son ensemble.

 

Girard-Perregaux-Neo-Tourbillon

Neo-Tourbillon sous trois ponts. La modernisation de ce modèle classique de Girard-Perregaux s’appuie sur une platine en ruthénium anthracite avec un fini verre sablé et trois ponts en titane avec revêtement PVD sablé. © Girard-Perregaux

 

Votre occupez une position assez unique en ce sens que, de par les marques que vous supervisez, vous avez une vision de différents segments de prix. Les perspectives sont-elles les mêmes pour les trois marques dont vous vous occupez ?
Les statistiques parlent d’elles-mêmes, je crois. Dans le très haut de gamme, pratiquement rien ne change. En revanche, la bataille fait rage dans le moyen de gamme, au niveau des prix oscillant entre 1'500 et 4'000 CHF, où votre seule chance est d’être très authentique, très différent et de raconter une histoire.