Il serait tentant de résumer Greubel Forsey comme étant « la marque qui se vend à 300’000 € et plus », ce qui est effectivement le cas. Paradoxalement, ce serait en dessous de la vérité. En effet, une grande partie du personnel en recherche et développement ne travaille que sur les « inventions », nom de baptême donné à leurs divers dispositifs novateurs. Remontage, barillets ou différentiels : ils réinventent constamment ce qui est considéré par d’autres comme étant déjà parfaitement efficace. Greubel Forsey se concentre sur les tourbillons mais aucun d’entre eux n’est standard. L’un d’eux est incliné à 25° par rapport au mouvement. Un autre comprend deux cages tournant l’une dans l’autre, avec une inclinaison de 30°. Dans le troisième, le Quadruple Tourbillon, on trouve deux fois le système précédent, avec un différentiel sphérique pour faire le lien.

Et puis il y a des inventions comme celle d’une heure universelle unique pour le modèle GMT et celle - la plus récente - d’un calendrier perpétuel complètement intégré, bidirectionnel, pré-encodé et extrêmement lisible. Avec ces quatre caractéristiques, c’est clairement le plus élaboré en son genre et ce, avec un tourbillon 24 secondes.

 

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Invention Piece 1, une pièce horlogère expérimentale qui explore nombre de mécanismes. © WorldTempus / David Chokron

 

Beaucoup de travail
Chez Greubel Forsey, le contenu technique se situe à un niveau à nul autre pareil. Et cela se voit : la plupart de leurs montres n’ont pour ainsi dire pas de cadran. À la place, les roues, aiguilles, platine et ponts forment des constructions tridimensionnelles valorisées par une autre spécialité maison, par essence indissociable de la Haute Horlogerie : les finitions. Remarquables, les montres le sont autant quand on les observe en détail que lorsque l’on prend en considération la technique. Toute particule de matière doit être polie, grenée ou anglée avec le plus grand soin, quels que soient les décors ou techniques. C’est un véritable état d’esprit chez Greubel Forsey. Ainsi, la production de la marque est d’une centaine de montres par an. Et cela occupe des douzaines de spécialistes hautement qualifiés, une nécessité pour atteindre les standards de qualité exigés par Robert Greubel et Stephen Forsey.  

 

Il faut dix mois pour la réalisation d’un Double Tourbillon.

Encore du travail
Imaginez-vous la fabrication standard d’un mouvement à partir de laiton ou d’acier bruts. L’usinage est un procédé peu engageant : les ponts ou roues types sont rejetés par une machine qui raye le métal et dégage une odeur d’huile. Greubel Forsey procède à l’envers. On commence par traiter la surface des plaques de laiton en utilisant une finition spécifique, le grenage. Contrairement au polissage ou à la réalisation d’un fin décor, le grenage est une technique vraiment élaborée qui agit en profondeur. Quand il est exécuté avec art, il produit une multitude de micro-grains qui jouent avec la lumière de manière unique. Ce n’est que lorsque le résultat voulu est obtenu que la fabrication des composants commence. C’est dire le niveau de confiance de la marque par rapport à ses processus d’usinage, de tournage et d’anglage. Il faut par exemple dix mois du début à la fin de la réalisation d’un Double Tourbillon, dont 450 heures pour les finitions. La cage de tourbillon qui réunit 130 composants demande à elle seule 130 heures de décoration. 

 

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Grenage et perlage d'un pont. © WorldTempus / David Chokron

 

Et du travail encore
Un mouvement est habituellement assemblé, contrôlé, emboîté puis livré. Greubel Forsey assemble, contrôle puis démonte le mouvement. Après la deuxième étape d’assemblage, quand les pièces et leur fonctionnement ont été contrôlés dans les moindres détails, la montre est prête pour un véritable « réglage ». Greubel Forsey est intransigeante sur la précision. Elle utilise le tourbillon car il régule remarquablement l’heure. La marque a une telle détermination en matière de chronométrie qu’elle a participé à chacune des trois éditions du Concours international de chronométrie. En 2011, son Double Tourbillon Technique a pris la première place avec un score de 915, à seulement 8% de la perfection absolue. Conception, fabrication, assemblage, finitions, design… tous les aspects de la montre confinent à la perfection. Les créations Greubel Forsey sont des condensés de savoir-faire exceptionnels.