L’année 2014 s’inscrit-elle plutôt dans le registre du changement ou de la continuité ?
Dans les grandes lignes, les valeurs que nous continuons de développer sont l’innovation et la singularité. Cette année, nous avons voulu nous adresser de manière forte aux femmes. Depuis cinq ans, nous avons en effet redéveloppé le marché de la montre masculine pour atteindre un rééquilibrage. Aujourd’hui, nous sommes à 60% de montres dames et 40% de montres masculines. C’était important de revenir parler aux femmes.

La ligne Arceau Millefiori présente une nouvelle facette des métiers d’art. Au cœur d’une offre pléthorique, comment parvenez-vous à vous démarquer ?
Nous ne parlons justement pas des métiers d’art chez Hermès. Nous préférons l’expression « le temps à l’œuvre ». Nous nous intéressons à des techniques anciennes, artisanales avec un angle innovant. Dans ce cas précis, il s’agit de mettre en avant cette technique merveilleuse des artisans de la Maison de cristal Saint-Louis – laquelle appartient d’ailleurs depuis longtemps à Hermès – qui consiste à découper finement des baguettes de couleurs obtenues par la superposition de couches de cristal et d’émail. Nous avons réussi à transposer le travail réalisé pour la fabrication des fameux presse-papiers sur une très fine couche qui compose le cadran de l’Arceau Millefiori et le couvercle de l’Arceau Pocket Millefiori. A nouveau, nous innovons en proposant des choses singulières, uniques.
 

 

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Arceau Millefiori, 34mm. © Hermès

 

Avec la montre Dressage l’heure masquée, vous poursuivez dans l’univers de la poésie et de l’imaginaire. Cette thématique va-t-elle encore se développer ?
C’est une thématique que nous explorons depuis 2009/2010. Nous avons voulu créer un territoire propre à Hermès, qui raconte notre relation particulière au temps. Chez Hermès, nous partons du principe que le temps est un ami. Avec l’heure masquée, nous sommes en plein dans l’innovation et la singularité. Innovation, parce que ce module horloger a été créé de toute pièce. Singularité parce qu’il s’agit ici de jouer avec le temps, d’interagir avec l’affichage de sa course. Je crois qu’aujourd’hui, nous sommes les seuls à montrer le temps de cette manière.

 

Dressage L'Heure masquée Réf 040645WW00 DR5.870.221/MHA © Hermès

Dressage l'heure masquée: l'aiguille des heures n'apparaît que sur pression du bouton-poussoir. Le reste du temps, elle est cachée. © Hermès

 

La nouvelle montre Faubourg s’inscrit-elle dans un retour général aux petites montres classiques pour dames ?
Nous ne suivons pas les tendances, nous sommes plutôt dans une approche d’offre qui vise à créer de beaux objets qui sont dans l’ADN de la maison. Certes, il y a un retour vers un certain classicisme, mais ce n’est pas aussi marqué. Et la montre Faubourg qui est une petite montre de soirée délicate et fine prend en quelque sorte le contrepied du marché. La force d’Hermès, c’est de savoir faire preuve d’originalité.

Parmi toutes ces nouveautés, avez-vous un coup de cœur ?
Ce sont tous mes bébés, c’est donc difficile de se prononcer. Je dirais que je suis très heureux du résultat de la Millefiori. En termes d’esthétique et d’expertise, c’est une très belle performance. D’un point de vue intellectuel, l’heure masquée est impressionnante. Enfin, j’aimerais saluer l’arrivée de la Cape Code Nantucket qui signe le retour de l’argent chez Hermès avec un nouvel alliage qui ne présente pas d’oxydation.

 

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Cape Cod Nantuket Silver. © Hermès