On peut passer une matinée entière dans les ateliers de l’usine Hermès à Brügg sans voir une seule montre, car ces ateliers sont dédiés à la confection des bracelets caractéristiques de la marque depuis 2006.

Chaque étape du processus de fabrication est menée à bien entre ces murs, de la première coupe des peaux, entreposées dans une pièce à température contrôlée, au dernier point de couture et à la touche finale, lorsque la lettre correspondant à l’année de production est gaufrée sur la partie intérieure du bracelet.

Peaux et tannage
Un bracelet Hermès peut être en cuir d’alligator, de chèvre ou d’autruche, sans oublier le veau Barénia si typique de la marque, fourni par une tannerie alsacienne utilisant un procédé de tannage végétal qui ne dissimule pas les imperfections de la peau. La collection Hermès offre quelque 2'000 couleurs de cuirs différentes, dont 50 sont disponibles pour les bracelets des montres Hermès. Ajoutez à cela 300 possibilités de tailles et l’artisan du cuir se retrouve avec une époustouflante quantité de variations possibles.

Alors, qu’est-ce qui rend les bracelets de montres en cuir produits par Hermès si remarquables ? Tout simplement le degré de soin et d’attention que les artisans prodiguent ici à chaque bracelet, de sorte que non seulement il satisfasse les critères de qualité très rigoureux de la marque, mais également qu’il soit produit pour durer.

Contrôle total
Le fait que toutes les opérations soient effectuées à l’interne permet sans aucun doute à Hermès d’assurer une qualité incomparable à ses bracelets en cuir. Dès la toute première étape, lorsque le cuir est prédécoupé et assorti afin que le grain soit le même aux deux extrémités du bracelet, l’accent est mis sur l’esthétique. Aucun pli, veine ou éraflure n’est toléré et toute pièce de cuir présentant ce genre d’imperfections est écartée. Il en résulte un gaspillage certain, mais Hermès ne peut pas vendre ses chutes de cuir, de peur qu’elles ne se retrouvent sur le marché estampillées « cuir Hermès ». Elles sont donc brûlées et recyclées en chauffage urbain.

Le travail devient ensuite minutieux et essentiellement effectué à la main : il s’agit d’insérer le viledon entre la partie avant et arrière du bracelet, de travailler et effiler le cuir, puis de le coudre à la main au point sellier signé Hermès, utilisé sur tous les articles de la marque. Le fil de lin est aussi passé à travers les deux derniers trous de la couture piquée dans les deux sens simultanément afin de la rendre plus résistante qu’une couture faite à la machine.

Les deux côtés du cuir sont ensuite assouplis au papier sablé et teint avec une encre dont la recette est un secret. Ces deux processus doivent souvent être répétés afin d’atteindre le niveau de qualité requis. Entre les deux étapes, les bords du bracelet sont pressés à chaud pour être scellés. Après avoir poli les bords du bracelet à la cire (chauffée à la main et frottée avec un chiffon) et les avoir collés à la paraffine, les deux boucles (une fixe et l’autre mobile) sont fabriquées et finies de la même façon pour compléter le bracelet, avec une couture en forme de « H » sur le dessous de la boucle en une sorte de signature secrète.

Ce n’est qu’une fois toutes ces étapes terminées à la satisfaction de l’artisan que les bracelets sont soumis au contrôle de qualité où – s’ils le passent – ils reçoivent la touche finale : une discrète lettre apposée au-dessous du bracelet indiquant l’année de sa fabrication.

 

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