Depuis plusieurs années, les maisons horlogères de luxe se bousculent en Chine, accumulent les stocks et y ouvrent des points de vente jusque dans des villes peu connues de l’Empire du Milieu.

Conséquence de ces énormes investissements, un certain nombre de marques et quelques-uns des plus grands groupes horlogers du monde sont devenus excessivement tributaires des ventes en Chine. A tel point que même la bonne nouvelle de l’arrivée de Swatch en Inde a été éclipsée par le recul de 5% du prix de l‘action de la société parente. Causé par la dévaluation du yuan chinois, ce recul pénalise les exportateurs vers ce pays.

L’Inde peut-elle être une planche de salut pour les groupes de luxe ? Avec Swatch, sa marque d'entrée de gamme, le Swatch Group est très bien placé pour s’implanter dans ce marché en croissance annuelle de 15% pour ce qui concerne l’horlogerie (selon les chiffres de l’Associated Chambers of Commerce & Industry de l’Inde). Mais entrer dans ce marché potentiellement lucratif, avec le tout aussi lucratif concept de boutiques monomarques en propriété exclusive, n‘est pas chose facile.

Clichés suisses, Swiss Made. Bientôt en Inde. © Swatch

Ces projets appelés 100% FDI (foreign direct investment) nécessitent l’autorisation expresse du gouvernement indien et sont uniquement réservés aux détaillants monomarques. Théoriquement, 30% de la valeur des produits doit aussi provenir d’Inde, mais cette condition pourrait être remise en question par le gouvernement, comme tend à le démontrer les récentes autorisations accordées au géant du meuble Ikea et à Swatch.

Quelle que soit la direction que prendra la politique gouvernementale, l’intérêt et l’appétit de la classe des consommateurs indiens - en forte expansion - pour l’horlogerie de luxe est évidente. Pour la première moitié de 2015, l’Inde pointait en cinquième position concernant le nombre de visiteurs de WorldTempus, derrière la France, la Suisse, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.