Worldtempus: Comment se porte la marque Jeanrichard depuis qu’elle a été relancée l’année passée ?

Bruno Grande : Nous avons dévoilé le nouveau concept à Baselworld en 2013 mais les livraisons n’ont commencé qu’en octobre. Il est difficile de tirer des conclusions après seulement une année de présence sur le marché. Nous n’avons aucun souci concernant le positionnement et les produits. Mais nous devons encore construire la reconnaissance de la marque. La plupart des gens qui essaient les montres les achètent, mais pour attirer davantage de clients nous devons encore investir pendant quelques années, peut-être encore cinq ans.

Vous avez une stratégie marketing très agressive avec certains partenariats qui n’ont rien à envier à ceux des plus grandes enseignes. Comment cela a-t-il contribué au développement de la marque ?
Le partenariat avec Arsenal est sans nul doute un bon investissement pour nous car il a permis d’accélérer notre visibilité sur le marché. Au moins maintenant nous figurons sur l’écran radar, peut-être pas au centre, mais nous sommes sur l’écran. Donc si nous sommes fidèles à notre stratégie et à notre philosophie de vie, je pense que Jeanrichard sera considérée différemment dans quelques années.

 

"Nous avons choisi Arsenal pour sa philosophie et parce que le club encourage les talents de demain"

Pouvez-vous quantifier l’effet du partenariat avec Arsenal ?
Notre partenariat avec Arsenal n’a pas un impact uniquement en Angleterre, mais dans le monde entier. Nous vendons les modèles en édition limitée à Singapour et à Hong Kong. Nous n’avons commencé à livrer les 250 pièces qu’en juin dernier et elles sont presque épuisées. Il y a assurément des valeurs communes entre Jeanrichard et Arsenal. Nous avons choisi de nous associer à Arsenal essentiellement à cause de sa philosophie et du fait que ce club encourage les talents de demain. Le club achète des joueurs de temps à autre, bien sûr, mais il cultive dans la plupart des cas ses propres talents. Il y a aussi un lien avec l’histoire de la marque, car au tournant du millénaire, Jeanrichard était une des premières marques à conclure un partenariat dans le monde du football (avec la Juventus).

 

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La nouvelle édition limitée Terrascope Chronograph Arsenal. © Jeanrichard


Vous avez lancé une nouvelle édition limitée du chronographe Arsenal au SalonQP de Londres mais c’est un ancien joueur d’Arsenal, Ian Wright, qui est venu la présenter. Pourquoi ?
Ian Wright nous a contactés parce qu’il voulait voir la montre. Nous n’avons pas de partenariat direct avec lui (nous n’en aurions pas les moyens), donc c’est un authentique ami de la marque et nous en avons beaucoup d’autres grâce à Arsenal.

Quelle est l’importance du marché anglais pour Jeanrichard ?
C’est un marché très important pour Jeanrichard et pour l’ensemble de l’industrie horlogère. A notre niveau de prix nous pouvons certainement encore nous développer. Mais nous devons aussi améliorer la notoriété de la marque avant de pouvoir vraiment travailler correctement sur ce marché. Nous gagnons du terrain petit à petit, et nous avons déjà sept revendeurs au Royaume-Uni alors que nous n’en avions aucun l’an dernier.

Quels sont vos autres marchés prioritaires ?
Les Etats-Unis, où nous avons déjà 25 points de vente, sont essentiels pour nous, également de par leur influence sur les marchés caribéen et latino-américain. Mais c’est un immense marché, donc les sommes qu’il faut investir sont si conséquentes que nous n’avons pas encore atteint le niveau que nous visons.
 L’Asie est importante et, étonnamment, le Japon est l’un de nos meilleurs marchés. Il est très sophistiqué et très mûr. Les gens cherchent quelque chose de différent et veulent en avoir pour leur argent.