Steffi Graf est devenue Stefanie Graf en 1998. Le surnom d’une prodige de la balle jaune est aujourd’hui le patronyme d’une femme de 45 ans qui évolue loin des cours mais au plus proche des enfants, à qui elle a dédié une fondation. Longines la soutient, révélant ainsi une politique de sponsoring savamment équilibrée.

« Le tennis ne m’intéresse plus vraiment. Une page s’est tournée ». Stefanie Graf ne laisse plus beaucoup de place au doute lorsqu’on l’interroge sur sa vie en 2015. En visite aux Internationaux de Roland-Garros, l’ex numéro 1 mondiale se présente comme ambassadrice Longines au secours d’enfants traumatisés par l’exil, la guerre, les violences. « Children for Tomorrow », sa fondation, reçoit ainsi le soutien de Longines depuis 2008.

Dans les coulisses du « sport business », une telle association n’est pas monnaie courante. Stefanie Graff, qui a remporté près de 22 millions de dollars de gains en tournoi, a épousé André Agassi en 2001, détenteur pour sa part de 31 millions additionnels. L’argent n’est donc pas le sujet.

De surcroît, si chacun des deux gère sa propre fondation, ils se sont communément retirés du sport et offrent ainsi une exposition médiatique en net retrait des champions encore en lice. Pourquoi, en ce cas, avoir misé sur ce couple certes glamour, mais bien moins visible que n’importe quel ambassadeur toujours actif dans sa discipline ?

Élégance, le maître mot
La réponse officielle de Longines tient en un mot : « élégance ». La marque regroupe sous ce vocable des personnalités engagées, sans vraiment que l’on sache quels sont les critères objectifs de cette « élégance ».

En réalité, l’équilibre des ambassadeurs Longines est subtil. Il s’opère entre des stars visibles et des noms plus confidentiels mais très actifs. En caricaturant, entre la forme (l’exposition médiatique) et le fond (les actions de terrain de celles et ceux dont la carrière est aujourd’hui révolue).

Cette stratégie s’est très rapidement engagée, dès 2007, lorsque Longines a repris le tennis à sa cousine Rado. Dès la même année, Agassi signait avec la marque, suivi l’année suivante par son épouse. En complément, ces acteurs engagés ont ensuite été rejoints par des célébrités bien plus exposées, comme les acteurs Simon Baker ou Kate Winslet. Ainsi était né le modèle de sponsoring de Longines.

Très disponible, Stefanie Graf reste toujours autant demandée par ses fans, qu’elle remercie avec d’innombrables autographes. © Delos Communications

De Roland-Garros au Kosovo
L’engagement de Stefanie Graf, lui, est aussi profond que concret. « Nous travaillons depuis Hambourg, mais aussi à Cape Town, en Erythrée, au Kosovo », souligne-t-elle. « Nous travaillons sur des enfants qui ont parfois moins de deux ans, avec l’assistance de psychologues et de traducteurs. Au total, c’est une équipe permanente de 20 personnes qui a déjà pris en charge environ 350 enfants ».

On imagine sans peine ce qu’un retour de Steffi Graf dans le monde du tennis générerait d’enthousiasme...et de retombées pour Longines. Pourtant, sans ambigüité, l’intéressée botte en touche : « En tant que joueuse, c’est exclu, je ne joue plus et mon corps, de toutes façons, ne le supporterait plus (Steffi Graf avait déjà subi de lourdes blessures et opérations en 1997 et 1998 au dos et aux genoux, ndlr). En tant que coach, pour bien faire les choses, il faudra passer environ 30 semaines par an sur la route. Or aujourd’hui j’ai un mari, deux enfants et une fondation. Ma vie est déjà suffisamment bien remplie ! ». Reste donc le seul mythe Graf mais qui, à voir son fan club toujours intact depuis sa retraite il y a plus de 15 ans, agit encore de 7 à 77 ans.

Longines - Steffi Graf

Bien que définitivement retirée des cours depuis 16 ans, Steffi Graf se soumet toujours avec bienveillance aux demandes de ses partenaires. Le mythe est toujours bien vivant. © Delos Communications