Le nom d’une collection horlogère est bien souvent la première chose que l’on sait d’elle. Les horlogers ont depuis longtemps compris à quel point il est important de bien choisir. Coup d’œil sur le sens de ces noms très inspirés qui font désormais partie du patrimoine.

Qui s’est déjà frotté à la délicate tâche du « naming » sait combien il est difficile de viser juste. Il faut que le nom ait un sens. Il faut qu’il sonne agréablement à l’oreille, qu’il se retienne facilement, qu’il raconte une histoire. Il doit incarner le produit mais aussi évoquer le rêve. Autant dire que chaque nouvelle collection donne l’occasion aux horlogers de relever de nouveaux défis. Revue de détails de ces patronymes emblématiques qui réunissent tous les critères qui mènent au succès.

Altiplano, une pure évidence
Si Piaget a pour la première fois levé le voile sur son savoir-faire en matière d’extra-plat en 1957 avec le calibre 9P, ce n’est qu’en 1998 que la maison crée la collection Altiplano. Au-delà des prouesses techniques démontrées par Piaget dans le domaine de l’extra-plat, le nom Altiplano constitue à lui seul une réussite.
Il est en effet inspiré par la « plaine d’altitude » Altiplano qui s’étend sur plus de 1500 km, au cœur de la Cordillère des Andes. Ces paysages d’une altitude moyenne de 3650 m, à laquelle fait d’ailleurs écho la finesse de l’Altiplano 900P avec ses 3,65mm de hauteur, s’étendent sur une surface infiniment plane, balayée par les vents et dénuée de tout artifice. On y trouve du cuivre, de l’argent et même de l’or. Piaget ne pouvait mieux trouver pour baptiser les garde-temps de cette collection qui repousse les limites de l’infiniment plat.

Piaget

Altiplano, boîtier en bracelet en or rose, versions 38mm et 34mm avec lunette sertie de 68 diamants. © Piaget

Allegra ou la montre joaillière de père en fille
Si l’on se demande souvent quelle fée créative s’est penchée sur le berceau de Fawaz Gruosi, le fondateur de de Grisogono n’a cette fois-ci pas eu besoin de chercher bien loin pour trouver le nom de l’une de ses collections emblématiques. Allegra n’est autre que le prénom de sa fille. Bagues et boucles d’oreilles en premier lieu, Allegra se décline aussi désormais en une montre à l’esthétique clairement inspirée d’une manchette. Gaie et enjouée, Allegra incarne la quintessence de l’esprit de Grisogono : une créativité débridée, une féminité assumée, un goût immodéré pour la couleur et les pierres précieuses. De père en fille…

de Grisogono

Allegra S09. © de Grisogono

L.U.C, retour aux origines
LUC n’est pas un prénom. Ni tout à fait un nom d’ailleurs… Ce sont des initiales, celles de Louis-Ulysse Chopard qui créa sa manufacture L.U.C. à Sonvillier en 1860. Bien que reprise par Karl Scheufele III en 1963, la maison Chopard reste toujours très attachée à ses racines. C’est donc en hommage au fondateur de la manufacture que la société a fondé en 1996 sa manufacture de Fleurier, dans le canton de Neuchâtel pour y produire ses mouvements L.U.C., synonymes d’innovation, de précision et de fiabilité.

Chopard

L.U.C Lunar Big Date. © Chopard

Carrera, plus que le temps d’une course
Bien avant de devenir une montre, elle fut une course. L’une des plus dangereuses, une de ces rencontres mythiques qui, longtemps après la fin de leur histoire, laissent des traces durables dans la mémoire collective. C’est donc de la Carrera Pan Americana que TAG Heuer s’est inspiré pour baptiser son chronographe lancé en 1963 et devenu, depuis, une véritable légende horlogère. Considérée comme la course automobile la plus prestigieuse au monde, la Carrera Pan Americana ne s’est courue que cinq fois, entre 1950 et 1954. Cinq jours de course et 3300 kilomètres à travers le Mexique ont forgé la réputation de cette compétition dont le nom espagnol signifie « la course la plus exigeante ». Depuis 1988, le bitume fume à nouveau chaque année avec la version moderne de cette course dont la 28e édition sponsorisée par TAG Heuer aura lieu en octobre. Entre esprit d’aventure, exigence et défi sportif, la montre Carrera a hérité de tout ce qui façonne une légende. Des atouts indéniables et un nom qui marque les esprits…

TAG Heuer

Carrera série spéciale Panamericana. © TAG Heuer

El Primero, le bien nommé
A quoi tient la réussite d’un nom ? A son pouvoir d’évocation ? Au sens qu’il donne au produit ? Tout simplement baptisé El Primero, parce qu’il fut le premier, El Primero fut tout d’abord un calibre, le tout premier chronographe automatique de l’histoire. Signé par Zenith en 1969, il est construit autour d’une roue à colonnes et d’un rotor central sur roulement à billes. Depuis, le calibre a donné son nom à une collection entière qui se décline selon les maîtres-mots qui ont fait la réputation de ce mouvement iconique : précision et performance. Depuis l’année où l’Homme a accompli l’exploit de marcher sur la lune, l’exception horlogère n’en finit plus d’enlacer les poignets des aficionados. Et de les surprendre… comme si c’était la première fois !

Zenith

El Primero 410. © Zenith