Le marché de la montre d’occasion est depuis quelques années en pleine expansion. Avec la multiplication des canaux de distribution des montres dites « vintage » que l’on retrouve désormais aussi bien dans les maisons de ventes aux enchères que chez des marchands ou sur internet, le nombre des arnaques est allé de pair. « Le business de l’occasion, notamment sur internet, c’est la jungle », souligne Laurent Ponti, marchand de montres installé à Genève depuis 13 ans. Une jungle dans laquelle on peut ressortir sans trop égratigner son compte en banque, une belle montre au poignet, à une condition : respecter quelques principes rudimentaires.

Le plaisir avant tout

« Acheter pour acheter ne sert à rien, il faut fonctionner au coup de cœur"

Inutile de chercher à tout prix à faire un bon investissement. N’importe quel vendeur bienveillant vous conseillera de chercher en premier lieu à vous faire plaisir. « On ne peut jamais garantir à un client que la montre qu’il achète prendra de la valeur », souligne Laurent Ponti. Quant à elle, Vanessa Chicha, co-fondatrice avec son mari, Fabien Chicha, d’Iconeek, un site assorti d’un showroom à Genève spécialisé dans la vente de montres d’occasion vintage et modernes, conseille aux amateurs de prendre le temps de bien identifier leurs besoins et leurs envies. « Acheter pour acheter ne sert à rien, il faut fonctionner au coup de cœur, même si de dernier doit être raisonné. » En dehors des icônes incontournables du type Daytona de Rolex, Speedmaster d’Omega, Royal Oak chez Audemars Piguet, Reverso chez Jaeger-LeCoultre ou des Patek Philippe, tous modèles confondus, il n’est pas toujours évident de s’y retrouver dans une offre vintage pléthorique. S’offrir les conseils d’un professionnel, voire d’un expert, est certainement une bonne option. « Surfer sur internet peut être intéressant pour dégrossir la question », explique Vanessa Chicha qui précise qu’il faut cependant être prudent et faire attention à ne pas être trompé sur la marchandise.

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Les ventes organisées par les grandes maisons d'enchères donnent aussi l'occasion d'acheter des modèles abordables. Ici une Panerai Ferrari Rattrapante FER00005 n° FA317/500, vers 2007, vendue 3,640 € à Paris 8 décembre 2014. © Artcurial


Les dangers de l’achat sur internet
« Avant d’acheter une montre, on dit souvent qu’il faut acheter le marchand.  C’est-à-dire savoir où on met les pieds. » Laurent Ponti conseille de bien se renseigner sur le vendeur. Quand ce dernier a pignon sur rue, il est souvent précédé par sa réputation. S’il s’agit d’une vente via internet, il faut redoubler de précautions et de méfiance et, surtout, prendre le temps de bien communiquer avec le vendeur. Autre idée reçue à laquelle il est fortement conseillé de renoncer : celle d’espérer faire l’affaire du siècle: « Dans le business sur internet, il n’y a pas de bonnes affaires », assure Laurent Ponti. Autrement dit, devant des prix alléchants mais cassés, méfiance. « Il y a énormément d’arnaques. »

Etre pointilleux sur les détails

"Il suffit qu’une aiguille ait été changée pour que la montre perde de la valeur"

Dans une boutique ou sur internet, si le vendeur se révèle être une personne digne de confiance, il faut être attentif à certains éléments incontournables. Idéalement, une montre doit être accompagnée de ses papiers d’origine. C’est généralement le cas pour les montres récentes. Pour les modèles plus anciens dont les papiers ont disparu, il est fortement recommandé de demander une expertise. Une facture du vendeur est également indispensable. Si la montre est proposée par un marchand professionnel, ce dernier procèdera au préalable au contrôle du numéro de série. De bons contacts du vendeur dans les manufactures permettent en outre de faire authentifier des modèles. Attention cependant à certains détails : « Il arrive très souvent que des cadrans aient été rafraîchis, souligne Vanessa Chicha. Il suffit qu’une simple aiguille ait été changée et la montre n’aura plus du tout la même valeur. Si les collectionneurs ne sont pas concernés par ces erreurs de débutants, les simples amateurs attirés par des tarifs revus à la baisse – de moins 10 à moins 50% par rapport au prix du neuf – pourraient facilement s’y brûler les doigts. Tenir le marché à l’œil, prendre son temps et se faire assister… Un tiercé imparable pour ne pas se tromper.
 

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Patek Philippe, réf. 3563/3, de 1970, accompagnée de son certificat d'authenticité, vendue par Sotheby's le 11 novembre 2014 à Genève pour CHF 10'625.- © Sotheby's