Une journée, pas plus. C’était le temps imparti la semaine dernière à Paris pour couvrir la totalité de la collection horlo-joaillière de Piaget, réalisée à l’occasion de la prochaine Biennale de la Ville Lumière.

Cette nouvelle collection, « Extremely Piaget », est remarquable à plus d’un égard. Le premier, c’est qu’elle consacre les 140 ans de la maison (1874 – 2014). Le deuxième, c’est qu’elle comporte un certain nombre de pièces d’horlogerie masculines, une exception notable pour un événement en théorie totalement dédié à la joaillerie. Le troisième, enfin, est la richesse exceptionnelle du style Piaget qui, pour la première fois, revient sur son âge d’or, les années 60-70.

« Oui, il y a effectivement eu dans ces années une explosion créative assez unique », confirme Philippe Léopold-Metzger, CEO de Piaget. « Et ce qu’il y a d’encore plus surprenant, c’est que Piaget a su s’approprier cet élan créatif grâce au talent d’artisans qui, pour, la plupart, n’étaient jamais sortis de la Côte-aux-Fées ! ».

 

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Pierre dure, pierres précieuses, or, forme ovale : l’une des combinaisons typiques de la nouvelle collection « Extremely Piaget » conçue pour la Biennale. © Delos Communications


Pierres audacieuses
Aujourd’hui, Piaget réinterprète ces créations de son âge d’or au travers de 124 pièces, dont une quarantaine en horlogerie. Ces familles s’articulent autour de deux valeurs fortes, que sont la couleur et les pierres dures.

« Cette utilisation de la pierre, notamment sur les cadrans de montre, nous a été permise dès les années 50 grâce à notre maîtrise de l’extra-plat », poursuit Philippe Léopold-Metzger. « En termes de création, soufflait alors un vent de liberté, le souffle de la Dolce Vita. Il y avait une énergie créative unique ».

 

"Nous avons été les premiers à adopter une nouvelle façon de porter le temps, par exemple avec des manchettes"

Ces pierres dures sont ainsi largement remises à l’honneur en 2014. Turquoise, lapis lazuli, opale, onyx, jade : toutes ces pierres sont aujourd’hui retravaillées dans des créations qui reprennent l’esprit créatif des années 60-70, sans jamais en refaire la copie conforme. La collection de la Biennale s’articule autour de deux univers, « Extremely Colorful » et « Extremely Sparkling » qui, comment leur nom l’indique, font la part belle tantôt aux pierres dures de couleur, tantôt aux pierres précieuses, avec une large prédominance du diamant.

« Ce qui nous a intéressé ici, c’est l’audace Piaget de l’époque », poursuit Philippe Léopold-Metzger. « Nous avions été les premiers à adopter une nouvelle façon de porter le temps, par exemple avec des manchettes, une création caractéristique de la maison ». Aujourd’hui, non seulement Piaget réinterprète une horlogerie de poignet tout aussi créative, avec toujours ces manchettes largement serties, mais va au-delà, avec des manchettes à double mouvement ou des sautoirs faisant la part belle à la forme ovale. Un rarissime sautoir en porté cravate fait même son apparition.

 

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L’Altiplano squelette s’habille pour la Biennale de multiples robes, à l’image de cette série diamant et rubis. © Delos Communications


Le retour en grâce d’Andy Warhol
Côté horloger, Piaget profite de la Biennale pour rééditer le garde-temps d’Andy Warhol de 1973. Pièce magistrale à l’identité aussi forte que son propriétaire, la réinterprétation de 2014 en reprend les caractéristiques essentielles, où seul le mouvement Bêta 21 d’époque a été remplacé par un calibre automatique maison (cal. 504D). La forme de la boîte gagne en finesse mais conserve son alternance de surfaces d’or mattes et brillantes à la sculpture si caractéristiques, valorisant de son contraste des cadrans qui seront proposés en jade, lapis lazuli et racine de rubis (trois séries de 18 exemplaires).

 

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Le premier exemplaire de la réédition de la Andy Warhol, en or jaune et jade. © Delos Communications


Enfin, l’Altiplano n’était pas en reste, avec de nouvelles finitions serties et squelettes. Trois pierres ont été choisies pour habiller le best-seller de la maison, le rubis, le saphir et le diamant noir. C’est essentiellement la lunette qui vient ici s’orner de nouvelles couleurs, au sein de pièces numérotées mais non limitées.


Perspectives d’avenir
Ces diverses créations horlo-joaillières soulignent avec brio la créativité de la maison Piaget, d’hier à aujourd’hui. Mais demain ? Pour Philippe Léopold-Metzger, « oui, l’univers de la joaillerie et de l’horlogerie pourront, un jour, connaître de nouveau la puissance créative de cette époque. Il faut toutefois qu’elle rencontre son public et, pour les hommes, accepter la pierre dure est un autre combat ».

 

"L’hédonisme, c’est un art de vivre qui nous caractérise"

L’allusion à la Andy Warhol, destinée aux esthètes aux goûts affirmés, est à peine voilée. Mais le CEO, au-delà de la distinction entre hommes et femmes, jeunes et expérimentés, préfère placer le débat sur la philosophie de la marque : « je pense qu’un large public hédoniste sera sensible à ces créations. L’hédonisme, c’est un art de vivre qui nous caractérise. Nous sommes des sculpteurs d’or et œuvrons à des pièces exclusives, lesquelles rencontrent toujours leur public ».

 

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Le porté cravate est l’une des très nombreuses audaces que s’accordait Piaget durant son âge d’or, ici réinterprété dans une maille diamantée d’une rare souplesse. © Delos Communications