Prononcez le mot « Seiko » devant n’importe quel collectionneur et il aura probablement en tête au moins une ou deux montres de cette entreprise japonaise. Après tout, Seiko est une marque horlogère à forte renommée internationale.

Par contre, beaucoup ignorent probablement que Seiko est un mastodonte qui pèse un milliard de dollars et que les ventes de montres ne constituent que 11% environ du chiffre d’affaires du groupe dans son ensemble (selon ses résultats financiers de 2013). Le Groupe Seiko présente un chiffre d’affaires cumulé de plus de 10 milliards de dollars et compte environ 87'000 collaborateurs. Les différentes sociétés du Groupe Seiko sont actives dans le design, la fabrication et la vente d’appareils électroniques, de montres et d’horloges, de bijoux, de périphériques d’ordinateurs, de semi-conducteurs, de lentilles ophtalmiques et de clubs de golf, de matériel de traitement de l’information, y compris la fourniture de solutions industrielles et de détection.
Deux des compagnies du groupe, Seiko Holdings Corporation et Seiko Epson, sont cotées à la bourse de Tokyo et font partie de l’indice Nikkei. De plus, les visiteurs du principal quartier commercial de Tokyo, Ginza, ne pourront pas manquer un monument emblématique du genre : le grand magasin Ginza Wako qui vend des produits de luxe. Ce célèbre établissement fait également partie du Groupe Seiko.

Fondé en 1881 par Kintaro Hattori (1860-1934), Seiko plonge ses racines dans l’horlogerie. Armé de son expérience dans la réparation de montres, le jeune Hattori propose ses services en la matière dès 1877. En 1881 il crée l’entreprise « K. Hattori » pour la vente et la réparation de montres. K. Hattori est le prédécesseur de l’actuelle Seiko Holdings Corporation. Cette compagnie a produit la première montre de poche japonaise avec la marque « Time Keeper » en 1895 ainsi que la première montre-bracelet du Japon en 1913, la Laurel, qui était équipée d’éléments faits maison. Le nom de la marque Seiko n’a été apposé sur les cadrans des montres bracelets qu’en 1924.

La montre Seiko la plus célèbre est peut-être l’Astron de 1969 car c’était la première montre bracelet à quartz du monde.

Même si les fabricants de montres chinois ont fait beaucoup de progrès durant la dernière décennie, Shinji Hattori, PDG de Seiko Holdings Corporation ainsi que de Seiko Watch Corporation, ne croit pas qu’ils constitueront une menace pour Seiko. « Nous avons un longue histoire et nous pouvons nous appuyer sur notre propre technologie. Notre héritage est solide. Nous avons réussi de nombreuses premières mondiales qui sont le résultat de nos innovations », explique Shinji Hattori.

Shinji Hattori, PDG de Seiko Holdings Corporation ainsi que de Seiko Watch Corporation. © TANG Portfolio

Alors que les montres Seiko se situent généralement en entrée ou milieu de gamme, la Grand Seiko et la Credor sont dans la catégorie de la haute horlogerie et constituent de fait de bonnes alternatives aux montres estampillées Swiss made, et même à certaines des meilleures marques suisses. A notre avis, cela est dû à la qualité supérieure des montres bracelets Seiko.

Il est intéressant de noter que la collection Grand Seiko présente de petites complications comme l’affichage de la réserve de marche, l’indication des fuseaux horaires et même des chronographes intégrés, mais les grandes complications comme les tourbillons et les calendriers perpétuels n’y figurent pas. En 2015 par exemple, les nouveautés Grand Seiko s’inspirent essentiellement d’un modèle de 1967 connu sous le nom de 62GS : une réédition très similaire (comme la SBGR094 en or rose 18 carats et la SBGR95 en acier) et deux versions modernes, l’une équipée d’un mouvement hi-beat et l’autre d’un mouvement Spring Drive. La seule petite complication est l’affichage de la réserve de marche sur le modèle Grand Seiko Spring Drive.

Grand Seiko SBGR095. © Seiko

Les collectionneurs peuvent-ils dès lors espérer des complications plus importantes et plus sophistiquées dans la collection Grand Seiko ? « Grand Seiko est une collection unique, elle ne ressemble pas aux montres suisses. Nous nous concentrons davantage sur les fonctions essentielles d’un garde-temps : la précision, la lisibilité et la beauté. Les complications (spécialement les grandes complications) ne sont pas un objectif pour la Grand Seiko. En matière de précision, nous augmentons de façon significative nos mouvements hi-beat et nous continuerons à améliorer et à développer notre collection. Les ventes totales pour Grand Seiko sont à deux chiffres, » dit Shinji Hattori.

Même si le très diversifié Groupe Seiko dispose de la technologie nécessaire ainsi que du pouvoir financier pour produire des composants en silicium, il n’a actuellement pas prévu d’utiliser ce matériau pour ses échappements. D’après nos observations et les informations que nous avons obtenues, le silicium n’est pas utilisé parce qu’il est fragile et que le mouvement ne peut pas fonctionner si le silicium se casse.

Quant à l’avenir, Seiko se concentre et construit sur ses produits principaux comme les collections Astron GPS et Prospex Marinemaster. « Notre succès va durer. Seiko est en train de se créer une place unique [sur les divers segments où il est présent] », ajoute M. Hattori, avec au poignet une montre Seiko qui porte son nom. Il s’agit de la « Shinji Hattori Limited Edition » qui a été commercialisée pour célébrer le centenaire de Seiko dans l’horlogerie. Elle arbore un cadran en deux nuances de bleu qui représente la mer et l’horizon. Animé du calibre ultra-mince 6898 typique des montres Credor, ce modèle est limité à seulement 39 exemplaires et n’a été proposé qu’à des clients très importants et très particuliers. On devine aisément qui porte le modèle numéro 39 de la série.

Shinji Hattori Limited Edition. © TANG Portfolio