Ce qui a marqué WorldTempus lors de ce Salon Internacional Alta Relojeria (SIAR), qui s’est tenu la semaine passée à l’hôtel St.Regis de Mexico City, c’est la grande admiration des marques suisses exposantes envers le public passionné d’horlogerie qui s’est déplacé pour venir admirer leurs nouveautés.

Comme l’explique Carlos Alonso, organisateur du SIAR, « Le Mexique représente à peine un ou deux pourcent du marché horloger mondial.  Mais la différence réside dans la large proportion de connaisseurs parmi les visiteurs.  Ils sont raffinés et apprécient les grandes complications, raison pour laquelle les marquent adorent le Mexique » ; une affirmation confirmée par la présence à Mexico de nombreux CEO, pour qui le SIAR figure en bonne place dans leur agenda. « Lors des huit précédentes éditions, nous avons accueilli bon nombre de CEO de l’industrie horlogère », commente M. Alonso. « Cette année est très commerciale et nous avons reçu davantage de directeurs commerciaux que de CEO ; l’année passée cependant,  27 CEO avaient fait le déplacement».


Regarder et toucher
Un des aspects importants du salon est la coopération entre les marques, leurs détaillants et distributeurs, et les fans et collectionneurs venus à l’exposition.  On aurait tort de sous-estimer les connaissances de ces derniers :  la rumeur court, par exemple, que le plus grand collectionneur de répétitions minutes vit dans ce pays de 140 millions d’habitants.

Ces amateurs éclairés et passionnés apprécient de pouvoir voir et toucher les nouveautés présentées et savent généralement exactement ce qu’ils recherchent. « Les visiteurs viennent sur notre stand et demandent spécifiquement  à voir l’EMC », explique Caroline Foulquier, directrice des ventes chez Urwerk. « Ils aiment la prendre en main et la voir en action ».  Pour WorldTempus aussi, qui a pu "jouer" avec la montre, son comportement fut enthousiasmant.  Même Mme Foulquier fut surprise lorsque le delta indiqué par le « mini Witschi » de la montre affichait un zéro parfait.

 

 

Comme l’EMC d’Urwerk, les modèles Turbine de Perrelet et Magneto de Ball Watch ont incité les visiteurs à jouer avec;  le premier avec ses pales tournantes (qui, lorsqu’elles tournent à une certaine vitesse sur le modèle tourbillon révèlent le mouvement squeletté en dessous), et le second avec son mécanisme à diaphragme  breveté qui protège la montre des champs magnétiques et qui s’ouvre et se ferme en tournant la lunette.

 

Ball Watch Co. Engineer II Magneto S

L'Engineer II Magneto S de Ball Watch Co. possède un fond intérieur anti-magnétique qui s'ouvre et se ferme comme un diaphragne lorsque l'on tourne la lunette. © Ball Watch Co.

 

Chez Chopard, Gisela Navarro-Prina,  directrice marketing et relations publiques pour la région Caraïbes et Amérique latine,  a également souligné l’aspect  « tactile » des visites à l’exposition. « Des personnes instruites et qui voyagent beaucoup ont été invitées par les organisateurs. Elles peuvent toucher et jouer avec les montres ». En outre, les visiteurs du stand Chopard ont aussi eu l’occasion d’admirer des pièces de joaillerie, qui ne sont habituellement pas disponibles au Mexique.  Selon Mme Navarro-Prina,  l’usage par Chopard  d’or Fairmined  est également apprécié dans la région.  « C’est une chose qui rencontre un écho favorable auprès du public mexicain et dans toute l’Amérique du Sud,  car l’or vient de mines situées en Colombie,  et les questions suscitées par les mines « éthiques » sont chères aux Mexicains.

 

The Chopard L.U.C Lunar Big Date

Le modèle Chopard L.U.C Lunar Big Date exposé au SIAR présente une indication de la phase de lune configurée pour l'Amérique du Sud. © Paul O'Neil/WorldTempus


Rumeurs
A l’instar d’autres salons horlogers, le SIAR a eu son lot de rumeurs.  Les plus spéculatives  laissaient entendre par exemple que le SIHH pourrait organiser une édition du salon à Miami,  pour répondre  à la demande de l’Amérique du Sud, alors que les plus concrètes – et  attristantes – affirmaient que le marché mexicain connaissait des pertes à deux chiffres alors que celui d’Espagne affichait au contraire une croissance à deux chiffre. Si elles se confirment,  ces allégations expliqueraient pourquoi l’industrie parvient à maintenir une croissance stable en dépit des grandes difficultés rencontrées sur certains marchés.

En tout état de cause, l’excellente réputation dont jouit le SIAR lui prédit un avenir rayonnant, même si le nombre d’exposants n’augmentera sans doute pas de façon significative.  « Les marques souhaitent que le SIAR soit de plus en plus exclusif », explique Carlos Alonzo. « Dans le passé, nous avons eu quelques petites marques qui ne sont venues qu’une seule année et ont tenté d’entrer en contact avec les collectionneurs pour ensuite traiter avec eux directement depuis la Suisse. Pour équilibrer,  nous avons des grandes marques comme Cartier ou Vacheron Constantin.  Nous avons désormais trouvé un juste milieu avec une trentaine de marques exposantes.  Je crois que c’est un bon nombre et nous pensons simplement inviter une ou deux nouvelles marques chaque année ».