Vacheron Constantin présente dans sa boutique historique du Quai de l‘Ile, à Genève, l'exposition « Le Chronographe dans le Temps »  à voir jusqu’à la mi-juillet. Les 60 montres exposées proviennent toutes de la collection privée Vacheron Constantin. L’occasion de demander à Julien Marchenoir, Directeur du Patrimoine de Vacheron Constantin, de nous en dire plus sur cette collection privée qui ne fait pas l’objet d’une exposition permanente dans un musée.

Comment est née la collection privée de Vacheron Constantin et que comprend-elle ?
En fait, notre fonds est composé de plusieurs collections : le fonds d’archives, dont la plus ancienne pièce issue des archives de la Maison est le certificat de baptême de Jean-Marc Vacheron ; les collections de montres (montres de poche, montres bracelets, pendules et pendules de table)  constituée de plus de 1300 pièces; les machines – 700 pièces - accumulées au fil des ans et qui sont les témoins de l’outillage utilisé dans les ateliers d’horlogerie ; et le mobilier  – principalement des établis, mais aussi des tableaux . 
La constitution de cette collection résulte d’une prise de conscience progressive à la fin du XIXe siècle. Dès les premières expositions nationales et universelles  - la première a lieu à Paris en 1855 - Vacheron Constantin est sollicitée pour montrer l’excellence du savoir-faire genevois et suisse et expose non seulement des montres mais aussi des mouvements et des machines, à une époque où la compétitivité horlogère avec l’Angleterre et les Etats-Unis est forte. Vacheron Constantin doit alors parfois faire appel à des pièces appartenant à des collectionneurs privés et après une nouvelle sollicitation en 1906 pour l’Exposition Nationale de Milan, la Maison genevoise décide de constituer une petite collection, qui n’a pas cessé de grandir pour compter aujourd’hui plus de 1300 pièces. 

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Un établi d'horloger appartenant à la collection de mobiliers Vacheron Constantin. © Sandra Pointet

Nous avons aussi une collection de près de 700 clés de montre qui révèle à quel point ces objets étaient ouvragés, gravées, émaillés et décorés
Concernant les archives, c’est Jacques Barthélémi Vacheron, petit-fils du fondateur Jean-Marc Vacheron, qui institue en 1810 l’archivage régulier, organisé et très précis des documents. Le fonds comprend aujourd’hui plus de 2000 unités d’archives, sous forme de registres et de boîtes entières de correspondance.

S’agit-il d’une collection vivante et complétée régulièrement ?
Absolument. Elle est complétée par des pièces que nous achetons lors d’enchères et auprès de marchands, ou que nous recevons en donation. Comme par exemple une de mes pièces préférées, Les Bergers d’Arcadie, qui porte une miniature en émail représentant un tableau de Nicolas Poussin et qui est une pièce exceptionnelle en termes de démonstration de métiers d’arts. Aujourd’hui, nous avons la plus importante collection de pièces Vacheron Constantin au monde, qui présente le savoir-faire de la maison sur 3 siècles. Par définition, une collection n’est jamais parfaite et nous continuons donc de la compléter.

Montre dite "Les Bergers d'Arcadie".

Cette collection nous sert également à redévelopper avec nos artisans métiers d’arts ou avec nos cadraniers des techniques qui n’ont plus été utilisées depuis plusieurs années et que nous avons envie de remettre au goût du jour.

La collection n'est pas exposée dans un musée. Comment est-elle mise en valeur ?
Nous présentons dans les espaces patrimoniaux de nos boutiques une partie de la collection sous forme d’expositions thématiques qui font l’objet de visites commentées. Nous avons opté pour un espace d’exposition vivant  avec des thématiques différentes qui permettent d’approcher l’histoire de la Maison et de l’horlogerie, plutôt qu’une exposition permanente sous forme de musée, et le public apprécie. Fin mars, à l’occasion des Journées Européennes des Métiers d’Art, près de 900 personnes en trois jours sont venues découvrir l’exposition à Genève, et les métiers représentés.

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La Maison historique Vacheron Constantin, située Quai de l'Ile, à Genève, dispose d'un espace patrimonial dédié aux expositions thématiques. © Sandra Pointet

Quelle est la pièce la plus précieuse de la collection ?
Il faut distinguer la valeur marchande et l’unicité des pièces et leur valeur patrimoniale. Une des pièces les plus importantes qui ont rejoint la collection du patrimoine ces dernières années est une montre qui a appartenu à James Ward Packard. Il s’agit d’une commande spéciale réalisée au début du XXe siècle, en or 20 carats, avec un verre de montre en cristal de roche, les armoiries de Packard, un décor personnalisé et un mouvement particulier réalisé pour lui. C’est une pièce pour laquelle nous avons dû nous battre lors de la vente aux enchères et que nous avons acquise pour 1,8 million de dollars.

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