Le salon Watches & Wonders qui s’est tenu à Hong Kong la semaine dernière est une double occasion pour les marques qui y participent. Elles y font valoir leur savoir-faire auprès du grand public. Montres, gestes, techniques et métiers y sont présentés à toute personne qui a fait le déplacement. C’est sur ce dernier point que ce salon se distingue du SIHH, uniquement professionnel, dont il est une sorte de prolongation. La seconde occasion est de présenter une salve de nouveautés qui vont alimenter les désirs des amateurs d’horlogerie.

Il n’est pas toujours besoin de voir une montre en vrai et de près pour ressentir de la curiosité à son égard, voire même une envie pressante de se l’approprier. Comme tous les salons, Watches & Wonders met en scène des modèles existants et connus, des déclinaisons basées sur ces derniers, dont on aura changé la couleur de cadran ici ou celle de l’or du boîtier là. Restent les vraies nouveautés, celles qui témoignent le mieux des ambitions des marques exposantes à l’égard du marché asiatique en particulier, mais aussi mondial. Parmi ces nouveautés vraiment nouvelles, quelques modèles ont retenu notre attention par leur portée. Ce peut être à cause de leur complication, ou de ce qu’ils disent sur la marque qui les a lancées, soit encore leur intérêt pur.

La nouvelle Rotonde de Cartier Second Time-Zone Day/Night réunit ces trois arguments. Son mouvement démontre la capacité de Cartier à faire évoluer son moteur de base, le 1904MC, auquel ont été ajoutées trois petites complications : l’indication jour/nuit couplée à un second fuseau horaire rétrograde et une grande date. L’aspect pratique est au cœur de cette pièce, une volonté pragmatique mise en œuvre sur une série de cadrans dont un bleu du meilleur effet.

 

Rotonde de Cartier Second Time-Zone Day/Night

Rotonde de Cartier Second Time-Zone Day/Night © Cartier


La Maître Cabinotier Astronomica de Vacheron Constantin a une portée toute autre. Cette pièce unique est la démonstration de ce que Vacheron Constantin peut faire pour vous si vous pouvez signer un chèque à 7 chiffres et attendre longtemps. Avec 15 complications et 839 composants, cette commande spéciale mesure 47 mm de diamètre et 19 d’épaisseur. Il s’agit d’une pièce de musée, pas forcément faite pour être portée et qui démontre la limite de l’exercice des montres à hyper complication : ceux qui se les offrent en jouissent d’une manière particulière, très privée, et pas nécessairement au poignet.

 

Vacheron Constantin Maître Cabinotier Astronomica

Maître Cabinotier Astronomica. © Vacheron Constantin


Et précisément, la portabilité ne faisait pas partie des préoccupations de Montblanc en ce qui concerne sa nouvelle Metamorphosis II. Suite logique de la Metamorphosis présentée en 2010, cette version est plus simple, tant au niveau du cadran que de la boîte. Finie la forme de goutte, Montblanc a habillé son mouvement à deux visages d’or rouge avec un diamètre de… 52 mm. A l’intérieur, on trouve une version aboutie du calibre à double vie qui bascule d’un affichage de la date à un chronographe monopoussoir par une métamorphose du cadran.

 

Montblanc-Metamorphosis II

Metamorphosis II. © Montblanc


Cela dit, la complication avait beau être à l’honneur lors de Watches & Wonders 2014, les pièces plus abordables ne manquaient pas. IWC présentait ses Portofino Midsize, modèles calibrés à 37 mm pour toucher à la fois une clientèle féminine extravertie et une clientèle masculine à la recherche de pièces de diamètre raisonnable. Elle vient donc combler un double manque puisque les IWC étaient jusqu’alors exclusivement masculines et globalement de fort diamètre. Mais pour l’instant, aucune référence n’est disponible sans au moins un cadran orné de diamants, sans parler de la lunette. A réserver à des hommes qui n’ont pas peur des pierres précieuses donc.

 

IWC Portofino MidSize Automatic

Portofino MidSize Automatic. © IWC


Panerai a démontré à nouveau l’étendue de ses capacités manufacturières. Le nouveau calibre P.4000 inaugure un remontage par micro-rotor, spécialité horlogère que peu de marques maîtrisent en général, et à ce niveau de prix en particulier. En effet, le P.4000 équipe entre autres la nouvelle PAM572, une Radiomir 1940 3 Days Automatic.  Ce modèle en acier au tarif pas explosif possède une esthétique qui ne décevra pas les amateurs du style Panerai.

 

Panerai Radiomir 1940 3 Days Automatic

Radiomir 1940 3 Days Automatic PAM572. © Panerai


Et de style, la Baume & Mercier Clifton 8 Day Power Reserve n’en manque pas. Le boîtier années 50 de ce modèle épuré avait déjà été l’enceinte d’un calibre ultra-plat et d’un tourbillon. C’est maintenant un mouvement à huit jours de marche qui s’y installe. Discrétion 50’s oblige, il ne se remarque que par la petite jauge de durée de marche, modestement logée dans un coin du cadran.  On est bien loin de la démonstrative Richard Mille Tourbillon Phoenix & Dragon Jackie Chan. Mais cette dernière jouait la carte locale : tant par la symbolique de l’animal que par l’exclusivité et la luxuriance de l’exécution.  
 

Baume & Mercier Clifton 8 Day Power Reserve

Clifton 8 Day Power Reserve. © Baume & Mercier