Considéré comme le graal du circuit du Vulcain Trophy pour les catamarans monotypes D35, le départ de la 76ème édition du mythique Bol d’Or Mirabaud sera donné demain samedi à 10h sur les rives du Lac de Genève. Vainqueur en 2010 de l'édition à bord de Ladycat et première femme à avoir remporté cette course, Dona Bertarelli sera ce week-end à la barre. A bord de Ladycat aux couleurs de Spindrift racing et de ses partenaires, l'équipage mettra tout en oeuvre pour tenter d'accrocher une place de choix, et pourquoi pas un doublé gagnant ? Plus de 500 participants sont attendus sur deux lignes de départ avec une ligne dédiée aux monocoques et une autre aux multicoques (avec les D35). Dans l’attente de ce coup d’envoi très attendu, Dona Bertarelli, nous livre ses sentiments.

C'est votre première régate de la saison à la barre en D35 ?  Etes-vous prête ?
Je suis prête autant qu'on peut l'être pour une course longue distance comme le Bol d'Or Mirabaud où nous ne sommes jamais à l'abri de rebondissements. J'ai pu m'entraîner que quelques heures jeudi et vendredi dans du vent très léger alors que l'on sait déjà qu'il y aura de la bise.

Traverser le lac Léman en bateau cela procure quelles émotions ?
Dans des conditions de vent soutenu comme attendu samedi, on n'a pas le temps de profiter du paysage et du moment. Tout peut aller très vite, que ce soit prendre les commandes de la course et rester vigilant sur notre vitesse et les poursuivants, ou prendre du retard et travailler pour remonter la flotte bateau par bateau. C'est une course de vitesse sans relâche car tant que la ligne d'arrivée n'est pas passée, au Bol d'Or Mirabaud tout peut se passer!

Quel regard portez-vous sur les 4 premiers Grands Prix de la saison et le classement de Ladycat ?
Nous avons fait un beau début de parcours. Le dernier week-end nous sommes passés de leader à 5ème au classement général provisoire. Cela est décevant et il y a des raisons pour cette contre performance. L'arrivée au Grand Prix le lendemain du convoyage du Maxi Spindrift 2 à Newport n'a pas été bénéfique mais nous allons à présent tout faire pour rattraper les places perdues. Le jeu au podium est encore ouvert.

Est-ce que d'avoir déjà gagné le Bol d'Or Mirabaud est une pression supplémentaire?
Non, au contraire c'est une pression en moins. En revanche de porter les couleurs de notre partenaire la banque Mirabaud, dans une course qui porte son nom, c'est une motivation supplémentaire.

Qu'est-ce que vous aimez dans le Bol d'Or Mirabaud ?
La difficulté de cette course où les rebondissements sont nombreux.

Quel est le point fort de votre équipage sur le Bol d'Or Mirabaud?
Une équipe professionnelle soudée, compétente et entraînée avec une grosse envie de bien faire.

 

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Dona Bertarelli et Yann Guichard. © Spindrift Racing


Qu'est ce que le Bol d'Or Mirabaud a de différent par rapport aux autres régates de D35 ? Cela demande-t-il des compétences différentes ? Si oui lesquelles?
Nous naviguons toute la saison en D35 en Grand Prix sur des parcours bananes entre des bouées. Nous avons que deux fois l'occasion de faire des courses longues distances dont le Bol d'Or Mirabaud est la plus longue et la plus dure.

Quels sont les obstacles sur le parcours du Bol d'Or Mirabaud ?
Au Bol d'Or Mirabaud on ne navigue pas uniquement contre les autres dix D35 mais aussi contre d'autres multicoques et prêt de 500 participants. Ceci est déjà un premier obstacle de taille. Donc prendre un bon départ est essentiel dans cette course. Ensuite il y a une bouée de dégagement à laisser à tribord au large de Versoix. Au Bouveret, les cartes sont souvent redistribuées par manque de vent dans cette zone et c'est un nouveau départ de course. A la sortie du Bouveret, au retour sur Genève, il faut savoir négocier la transition de vent dans le haut lac. Ensuite c'est un sprint jusque dans le petit lac où là aussi les cartes peuvent être redistribuées selon l'heure d'arrivée, les vents thermiques ou des systèmes orageux. Beaucoup de revirements de situations se sont passés à quelques milles de l'arrivée.

Allez-vous surveiller de près vos concurrents ou faire votre course ?
On va faire notre course car nous sommes tous très proches en points et il est impossible de 'couvrir' plusieurs concurrents directs sur une course longue distance tel que le Bol d'Or Mirabaud.

Est-ce qu'on a toujours du plaisir de naviguer sur un 35 pieds quand on navigue sur un 131 Pieds (Spindrift 2)?
Oui le D35 est un bateau magnifique. Rapide, nerveux, volage et surtout très technique. Un bateau monotype sur lequel le talent de l'équipage fait la différence.