La marque n’a que cinq ans, mais ses racines plongent au cœur des meilleures traditions horlogères suisses. L’objectif de Laurent Ferrier est simple : il veut que dans 50 ou 100 ans les gens ouvrent ses montres et s’émerveillent devant la qualité de leur facture, exactement comme il l’a fait lui-même avec des pièces anciennes.

Le siège de la société se situe à Plan-les-Ouates, que les amateurs de montres connaissent comme étant l’épicentre de l’horlogerie suisse, puisqu’on trouve également dans cette zone industrielle les immenses manufactures de Rolex et de Patek Philippe, ainsi que beaucoup d’autres grands sites horlogers. Mais les ateliers de Laurent Ferrier se nichent dans une bâtisse vieille de 400 ans au cœur même du village et abritent un petit groupe d’horlogers qui décorent et assemblent les mouvements à la main. Laurent Ferrier accorde une très grande importance à l’art de la décoration, c’est pourquoi un décorateur maison travaille uniquement à l’ornement des mouvements (même si les autres horlogers sont également capables de le faire). Les surfaces lisses comme le pont de tourbillon sont polies miroir à la main, la pièce est travaillée sur une feuille de zinc enduite de pâte diamant tandis que les angles rentrants du mouvement sont minutieusement limés à la main. A une époque où les machines CNC offrent une précision pouvant atteindre le niveau du micron, aucune machine ne peut encore rivaliser avec la sensibilité du toucher d’une femme (la majorité des décorateurs et graveurs de mouvements sont des femmes) pour cette délicate opération.

 

Laurent Ferrier

© Laurent Ferrier

 

Tout ce travail de décoration s’additionne. Dans le cas du calibre FBN 229.01 avec micro rotor décentré, par exemple, le mouvement requiert 27 heures de décoration. Ajoutez-y encore 13 heures pour l’assemblage et vous avez déjà une semaine entière de travail uniquement pour produire le mouvement. Avant d’y adjoindre le coût du boîtier et des autres composants, cela aide à comprendre pourquoi le prix d’entrée de la collection de la marque se monte à 35'000 CHF. Avec seulement une poignée d’horlogers pour accomplir des opérations aussi gourmandes en temps, il n’est pas étonnant que Laurent Ferrier ne produise qu’environ une centaine de montres par an.

Laurent Ferrier

Galet Square Blue. © Laurent Ferrier

Mais la magnifique décoration n’est qu’un des aspects de l’attrait particulier d’une pièce Laurent Ferrier. La marque est aussi une des très rares à utiliser un échappement naturel. La configuration de cet échappement, inventé par Breguet, vise à gêner le moins possible l’oscillation du spiral en créant une impulsion des deux palettes sur la fourchette avec le minimum de friction et au meilleur moment. Laurent Ferrier illustre la différence avec le traditionnel échappement à ancre suisse par une belle comparaison avec la balançoire d’un enfant. L’échappement à ancre suisse est comme une balançoire traditionnelle : il faut la pousser, attendre qu’elle revienne et la pousser à nouveau. L’échappement naturel c’est comme avoir deux personnes qui poussent la balançoire des deux côtés. L’efficacité est considérablement améliorée et permet de remonter le ressort de barrilet parfaitement, tout en compensant l'inertie plus faible d'une petite masse oscillante.

Plus concrètement, la performance supérieure de cet échappement a été prouvée par les tests effectués à l’Observatoire de Besançon, où une montre Laurent Ferrier a établi un nouveau record en 2012. Une déviation de quelques secondes seulement – alors que le double serait admis pour la certification – n’est pas rare pour une montre bracelet Laurent Ferrier.