Chacune est un projet différent et la neuvième ne fait pas exception. Les montres Project Z d'Harry Winston ne répondent pas à ce nom purement par choix marketing. Il s'agit à chaque fois de proposer une montre sport chic d'un nouveau type. La Project Z9 se distingue nettement de celles qui l'ont précédée, mais répond aux mêmes principes. Tout d'abord, et c'est ce qui lui a donné son nom, une Z doit posséder un boîtier en Zalium. Cet alliage, qu'Harry Winston a déposé, est fait d'aluminium et de zirconium. Le premier est léger mais tendre, le second est rare et dur. A eux deux, ils offrent un poids plume à des boîtiers volumineux, 44,2 mm pour la Z9. Ils possèdent également une résistance aux chocs et à l'abrasion qui convient à des montres portées en toutes circonstances, et une couleur gris sourd qui se distingue nettement de l'acier, de l'or gris et du titane.

Second principe inaltérable, une Project Z doit posséder certains attributs esthétiques. La couronne est surmontée des trois arches référence à la porte de la principale boutique de la marque, sur la 5e Avenue. Elle doit posséder un indicateur de fonctionnement, sorte de petite seconde dont l’aiguille est surnommée Shuriken, du nom de cette arme blanche prisée des ninjas. Le logo de la marque doit figurer dans un cartouche en forme d'émeraude à midi. Le bracelet est invariablement en caoutchouc, vocation sportive oblige. La lunette est lisse, satinée et inclinée. Les cornes se détachent nettement du boîtier tout en prolongeant ses courbes, ce qui les rend très confortables. Elles sont soulignées d'un trait poli qui tranche sur leur surface satinée.

Un boîtier en zalium, un shuriken sur le mouvement, des cornes découpées et un look sportif, la Z9 répond aux critères de la série Project Z © Harry Winston

Troisième principe, une Project Z est une montre à moyenne complication. Après l'alarme, un second fuseau horaire et divers affichages rétrogrades, la Project Z9 possède un des grands classique de l’ horlogerie: un chronographe. Mais il ne s'agit pas de n’importe quel chronographe. Fourni par la manufacture Blancpain, société sœur également intégrée au Swatch Group, il s'agit d'un tout nouveau calibre automatique qui possède deux fonctionnalités particulières. Il est à retour en vol, ce qui signifie qu'il n'est pas besoin de l'arrêter avant de pouvoir le remettre à zéro. Une pression sur le poussoir à 4 heures lui fait recommencer son œuvre sans passer par la case arrêt. Mais c'est sa fréquence qui distingue ce calibre. Il bat à 36 000 alternances par heures, une vitesse que seule une poignée de mouvements est capable d'atteindre et encore moins de chronographes. Pour osciller à haute fréquence en permanence, le choix des horlogers s'est naturellement porté sur un spiral en silicium.

Au-delà de ces points communs, aucun modèle Project Z ne ressemble vraiment aux autres. La force d'un principe est de laisser de la marge, de la liberté. Le design de la Z9 est donc tout à fait nouveau. Il joue sur l'effet de grille. Au plus profond du cadran, on aperçoit le dos du mouvement et son anneau dateur garni de chiffres squelettés. Celui du jour se détache sur un fond blanc dans une fenêtre à 6 heures. Second niveau, une grille noire fait fonction de structure porteuse pour les étages supérieurs du cadran squeletté. D'un seul tenant, ce dernier englobe les index et les totaliseurs du chronographe. Leur centre de gravité semble déporté vers l'extérieur car ils ne sont pas ronds. Ces demi-médaillons affichent les temps écoulés en deux parties et en deux couleurs. Gris rhodié ou bleu électrique, la teinte du chemin de fer répond à celle de l'aiguille. La logique de lecture est donc chromatique. Dernier principe, une Project Z est éditée en série limitée. La Z9 sera donc produite à 300 exemplaires et pas un de plus.

Zalium gris sourd, mouvement gris rhodié, bracelet noir, aiguilles et compteurs bleu électriques, la Project Z9 est la plus colorée des Z. © David Chokron/Worldtempus