Longtemps, il fut réservé à la haute couture, aux costumes de théâtre, aux froufrous des robes de spectacle, aux parades militaires et aux ornements décoratifs. Depuis quelques années, l’art de la plumasserie voit petit, tout petit, pour habiller de poésie des cadrans de montres dont l’esthétique unique enchante le temps qui passe. Ce n’est certes pas le premier métier d’art que l’horlogerie s’approprie mais celui-ci figure certainement parmi les plus rares. Très peu d’artisans ont su conserver ce savoir-faire à travers les époques. Le travail de la plume a connu son âge d’or vers 1860-1870 et a atteint son apogée au début du 20e siècle avant de devenir confidentiel. La guerre et les crises sont passées par là, reléguant cet art subtil et merveilleux aux confins de l’oubli.

Dans la grande vague des métiers d’art que l’horlogerie s’applique particulièrement à mettre en valeur depuis une décennie, les pièces ornées de plumes figurent parmi les plus originales. Précurseur en la matière, Harry Winston en a fait une élégante collection, Midnight Feathers, qui se décline selon les variétés de plumes sélectionnées, leurs couleurs et leurs textures. Plumes de faisan argenté, de pintades teintées, de canard, de paon… Les possibilités sont multiples et les effets d’assemblages mats, brillants, colorées ou géométriques infinis. Harry Winston en offre une remarquable illustration avec la montre Midnight Feathers Automatic 42mm. Pour réaliser l’élégant cadran de cette montre masculine, l’artisan a sélectionné les meilleures plumes d’oie d’élevage pour les assembler, à la loupe, selon une savante alternance de contrastes. S’il n’en est rien, les apparences, trompeuses, laissent envisager que ce cadran pourrait être le fruit d’une subtile marqueterie de vétiver, de cèdre et de jonc. Le geste est précis, commandé par une recherche d’harmonie qui exige maîtrise technique et vision artistique.

Midnight Feathers Automatic 42mm. © Harry Winston

Autre technique, autre style, plus aérien cette fois, avec la montre Dior VIII Grand Bal Cancan. Le cadran de ce modèle en édition limitée à 88 pièces est une pure merveille. A l’image d’un costume de fête, le cadran et la masse oscillante se parent de trois couches de plumes. Légères et colorées, ces plumes aux couleurs bleu paon, jaune, noir et blanc appartiennent à un coq originaire de Toscane. Finement assemblées, aussi légères que de la guipure, elles reproduisent la folle fantaisie d’une robe de soirée, lorsqu’elles entrent en mouvement. Un bel effet qui se marie à la perfection avec le boîtier en or rose et céramique, serti de diamants.

Dior VIII Grand Bal Cancan. © Dior

Pour Corum, l’art de la plumasserie donne lieu à d’élégants cadrans qui mettent en lumière la beauté pure des plumes d’oiseau. Avec patience et dextérité, l’artiste a rigoureusement sélectionné les meilleures plumes pour leur stabilité, leur densité, leur couleur et leur résistance à l’humidité. On ne manquera pas de s’émouvoir devant le modèle Feather Watch Blue Jay qui donne la vedette à une marqueterie de plumes de geai bleu. On ne manquera pas non plus d’apprécier la vivacité des couleurs des plumes de paon auréolées de diamants des modèles Feather Watch Peacock Steel et Peacock Gold. Démonstrations en versions masculine et féminine d’un savoir-faire plein de panache…

Feather Watch Peacock Gold. © Corum