« Emportée par le succès » : la métaphore résume l’année écoulée pour HYT.
« Emportée », parce que la marque n’avait pas les dimensions d’équipes ni d’outil de production pour produire et surtout livrer à la hauteur de son carnet de commandes. Dépassée par ces dernières, HYT a malgré tout continué à proposer de nouvelles variantes de ses H1 et H2. L’écart entre ce qui était commandé (50 pièces par mois) et livré(4 pièces par mois) s’est rapidement retrouvé critique, avant que la marque n’opère un recadrage stratégique, aujourd’hui effectif.

« Par le succès », parce qu’HYT a su pérenniser non pas un buzz éphémère, mais une véritable lame de fond. Une approche radicalement nouvelle de l’horlogerie, du jamais vu, qui présentait de surcroît l’avantage d’être totalement hors de portée de contrefaçons ou même de pâles inspirations concurrentes. HYT a voulu lancer un pavé dans la mare et a, au final, provoqué un tsunami...sur ses propres commandes !

La force de la marque étant son indépendance, elle maîtrise librement son agenda. Certes, Baselworld devait être le théâtre de la très attendue H3. Il n’en sera rien. Vincent Perriard, son CEO, a suivi à la lettre l’antienne marketing : en cas de dilemme, il vaut mieux contenter les clients existants plutôt que de vouloir satisfaire la liste d’attente. Priorité à la transition industrielle de HYT : depuis septembre, la marque est devenue une bête de course délivrant deux pièces par jour. Et pour satisfaire les appétits de détaillants, ces pièces sont ventilées sur 19 modèles possibles, contre cinq auparavant.

Bleu Blanc Rouge

Parmi ces 19 références, cinq viennent animer Baselworld. Les plus remarquables sont probablement les H2. La première, la Black DLC en or rose, parce qu’elle ajoute une dimension luxueuse à la boîte de la pièce, là où, précédemment, cette dernière ne servait qu’à valoriser un calibre à l’architecture hors-normes. On ne dira pas que la H2 en or rose devient une pièce corporate, mais elle pourra à présent séduire des collectionneurs qui étaient, jusqu’à présent, hésitants.

La H2 Titane – Or gris est la deuxième variante de H2 de ce début d’année. Sa particularité : un fluide bleu, une première pour HYT, monté sur un rehaut blanc. « Le développement d’un liquide implique un énorme travail de R&D, avec près de 18 mois de recherches pour maîtriser les nouvelles propriétés d’une nouvelle couleur, qui implique de nouvelles densités et nouveaux revêtements chimiques », souligne Vincent Perriard, CEO. Index et aiguilles viennent également apporter une touche de bleu, rendant l’ensemble particulièrement cohérent et surtout lumineux. Certes, avec un diamètre de près de 49 mm, la pièce ne jouera pas nécessairement la discrétion, mais l’amateur de HYT n’a, en règle générale, que faire des codes horlogers établis en la matière ! Enfin, une dernière version titane mais avec la lunette, les cornes et le fond en platine viendra fermer la danse.

 

H1 Alumen Blue

H1 Alumen Blue, c’est le nom de la nouvelle H1 de bleu et de vert vêtue. © HYT

 

Côté H1, la RED 2 reprend la teinte de l’or rose de la H2, mais sur base titane. La première-née de HYT s’équipe pour l’occasion d’un fluide rouge. La pièce sera disponible à l’automne 2014.

 

H2 Titanium Platinum SQ, H2 venant avec un liquide rouge et avec un effet squelette plus intensifié © HYT

 

La H1 Alumen Blue, enfin dévoile un nouvel alliage, appelé ALUN 316B, composé majoritairement d’aluminium, ses principaux métaux d'alliage sont le magnésium, le zirconium et titane. Sa qualité première est une haute résistance mécanique avec une dureté de 200-210 Hv. Il offre une finition satinée bleue qui forme un écrin contrasté avec le fluide vert intense des heures. HYT a conçu ici une pièce tout en nuances. Son cadran horaire, guilloché à sa périphérie et avec index appliqués, pourrait presque renvoyer aux canons de la haute horlogerie traditionnelle. Et pourtant, à sa gauche immédiate, la turbine des secondes, impertinente avec son unique ailette verte, vient rappeler à ce cadran un peu trop sage que dans la H1, il faut oublier ses leçons d’esthétique horlogère !

 

La H2 titane et or gris.

La H2 titane et or gris. © HYT

 

L’ensemble de ces pièces sera livré progressivement au cours de l’année 2014. En 2015, l’équipe de Vincent Perriard devrait reprendre la route de la H3. Et comme d’habitude, nul ne peut deviner de quoi elle sera faite !