Parmi les nouvelles montres dévoilées cette année, rares sont assurément les montres – et plus rares encore les collections entières – qui arborent un design inspiré par un garde-temps présenté au début des années 1980. Une fois cette observation établie, la décision d’IWC de doter sa dernière série d’une esthétique issue d’une décennie que l’horlogerie traditionnelle préfère oublier apparaît sans conteste comme audacieuse. 

En effet, l’industrie horlogère a conservé des lointaines années 1980 les mêmes impressions de chutes douloureuses que nous avons tous connues alors que nous apprenions enfants à monter sur une bicyclette. Le modèle qui figure au centre de nos considérations est l’Ocean 2000 de Ferdinand A. Porsche, un garde-temps créé par IWC en 1982 et devenu depuis lors un des sujets de discussion les plus prisés sur les forums de collectionneurs pour son esthétique robuste et l’efficacité toute germanique de sa forme.

 

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Le stand IWC au SIHH 2014. © WorldTempus /Michèle Brunner

 

A cet égard, l’élément novateur réside dans le fait que ces mêmes qualités se retrouvent dans la collection Aquatimer présentée par la marque cette semaine lors du SIHH. Maintenant que vous voici préparés, affirmons-le d’emblée – ce n’est pas la plus jolie des familles de montres IWC. Loin de là. Et elle ne l’a jamais été. Pourtant en discutant avec Christian Knoop, le directeur créatif d’IWC et le cerveau qui a mis au point ce nouveau concept, vous acquérez rapidement la certitude que tel n’est pas le cœur de la question. 

« Nous poursuivions deux objectifs principaux lorsque nous avons songé à relancer cette ligne », déclare-t-il. « D’une part, nous avions l’intention d’intégrer davantage de mouvements de manufacture dans la famille Aquatimer et, de l’autre, nous souhaitions repositionner la collection d’un point de vue fonctionnel et esthétique tout en soulignant une caractéristique spécifique à IWC. » 

Il serait vain de rechercher cette qualité particulière dans la décoration ou l’innovation mécanique. Et moins encore dans l’élégance, car elle prend en effet la forme d’un système ingénieux et novateur qui se retrouve sur tous les nouveaux modèles Aquatimer et offre la possibilité à l’utilisateur de régler la lunette rotative interne en tournant la lunette externe. 

« IWC est célèbre pour sa lunette rotative interne », précise Christian Knoop. « La première montre de plongée que nous avons lancée en 1967 possédait déjà une lunette rotative interne qui s’ajustait par l’entremise d’une seconde couronne et elle s’est imposée pendant de nombreuses années comme l’élément emblématique des montres de plongée IWC. » 

Les exceptions à cette règle sont la GST apparue au cours de la décennie 1990 et la précédente collection Aquatimer qui a rompu avec cette tradition bien établie en arborant une lunette tournante externe. 

« Nous avons retenu le meilleur des deux solutions afin de créer une nouvelle fonction technique pour laquelle nous avons déposé une demande de brevet », précise-t-il à propos de ce dispositif baptisé SafeDive. « Il est le garant d’une fonctionnalité exceptionnelle et possède une esthétique très particulière qui permet à nos montres de plongée de se distinguer au premier regard. » 

Le mécanisme qui réalise cette fonction est dissimulé sous une protection disposée à 9 heures sur le boîtier (et que de premiers observateurs ont pris par erreur pour une seconde couronne ou une valve à l’hélium), sauf sur le modèle Deep Three en titane au diamètre de 46 millimètres où il est situé à 4 heures afin d’équilibrer le design caractérisé par la présence à 2 heures du poussoir de remise à zéro du profondimètre.

La lunette externe SafeDive tourne dans les deux directions. Pourtant, elle ne peut s’engager avec la lunette interne que lorsqu’elle est tournée dans le sens antihoraire pour assurer au plongeur la sécurité habituelle relative au temps de plongée transmise par une lunette traditionnelle unidirectionnelle. 

Esthétiquement, la lunette figure au cœur du design de l’Ocean 2000. Christian Knoop, affirme se considérer comme le gardien actuel du look IWC qui conserve un œil sur l’héritage de la marque et l’autre sur son avenir. Mission accomplie pour l’Aquatimer, car il s’est montré tout autant fidèle aux livres d’histoire qu’à son propre credo. 

La nouvelle ligne comprend neuf modèles (soit quatre de plus par rapport aux cinq montres de plongée dévoilées en 2009) et il vaut la peine de regarder à deux fois certains modèles pour s’assurer de leur apparence. La position prééminente est occupée par le vaisseau amiral de la collection, l’Aquatimer Perpetual Calendar Digital Date-Month. Cette superbe réalisation en titane au diamètre de 49 millimètres est tout à la fois une prouesse de Haute Horlogerie et un instrument utile, capable de se souvenir des incohérences du calendrier grégorien à 120 mètres sous la surface des eaux. Pour les esprits chagrins qui s’interrogent sur la pertinence de cette combinaison, Christian Knoop décrit cette montre comme une pièce de collection qui ne sera d’ailleurs produite qu’à 50 exemplaires.

 

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Aquatimer Perpetual Calendar Digital Date-Month © IWC

 

Comme il est facile de l’imaginer, les collectionneurs se montreront tout aussi friands de l’Aquatimer Chronograph Edition « Expedition Charles Darwin », qui se singularise par son boîtier en bronze, un matériau utilisé pour la première fois par IWC sur ce modèle. 

Compte tenu des propriétés organiques du bronze – il est tendre et s’oxyde tellement rapidement qu’il change de couleur et présente un aspect patiné dans un délai extrêmement bref – certains s’étonneront sans doute qu’une marque associée à des concepts de précision et d’avancées techniques telle qu’IWC ait jeté son dévolu sur ce matériau. « La manière dont le bronze se modifie avec le passage du temps confère une nouvelle dimension à notre assortiment de métaux », relève Christian Knoop, « Et je ne doute pas que les collectionneurs sauront l’apprécier à sa juste valeur. »

Néanmoins, il n’est nullement question ici de bronze ordinaire. Selon Christian Knoop, IWC a recherché et trouvé un alliage de bronze cinquante pour cent plus dur que celui utilisé par la concurrence. Si ses caractéristiques exactes demeurent un secret bien gardé, il est certifié biocompatible et antiallergique. 

Deux autres modèles présentent des liens avec Darwin et ils sont tous deux destinés à soutenir le travail déployé par la Fondation Charles Darwin sur les îles Galapagos, dans le cadre d’un partenariat qu’IWC cultive depuis le lancement de la dernière collection Aquatimer en 2009.

L’Aquatimer Chronograph Edition « 50 Years Science for Galapagos » a été réalisée afin de commémorer le cinquantième anniversaire de la station de recherche Charles Darwin et elle sera uniquement produite à 500 exemplaires. Elle possède un revêtement en caoutchouc à l’image de la série non limitée Aquatimer Chronograph Edition « Galapagos Islands ». Ces trois modèles sont animés par le calibre chronographe de manufacture 89365. 

Les liens tissés entre IWC et The Cousteau Society s’étendent désormais sur dix ans et comprennent deux collections Aquatimer. En 2014, l’Aquatimer Chronograph Edition « Expedition Jacques-Yves Cousteau » poursuit la tradition des montres qui célèbrent l’œuvre du grand défenseur des mers.

 

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Aquatimer IW376805 Chronograph Expedition Jacques-Yves Cousteau © IWC

 

Hormis ces réalisations, la ligne Aquatimer inclut des chronographes et des modèles automatiques, parmi lesquels figure, le plus petit de la famille avec son diamètre de 42 millimètres. L’Aquatimer Automatic 2000 au diamètre de 46 millimètres confectionnée en titane de grade 5 complète la série. Comme son nom l’indique, elle est étanche à une impressionnante (mais non nécessaire) profondeur de 2000 mètres. Relevons à ce propos qu’IWC (avec Porsche) a fait œuvre de pionnier dans l’utilisation de ce matériau en horlogerie depuis la fin de la décennie 1970 et Christian Knoop a poursuivi son retour aux sources en se tournant de nouveau vers le titane après une brève interruption. 

Aucun des nouveaux modèles Aquatimer ne possède de valve d’échappement à l’hélium, qui incarne pourtant un intéressant développement. « Nous nous sommes penchés sur la question », déclare Christian Knoop, « et nous sommes parvenus à la conclusion que cette fonction se justifie pour les plongeurs en eaux profondes, qui séjournent dans une atmosphère enrichie en hélium avant leurs explorations sous-marines. Les professionnels qui plongent à de grandes profondeurs et ont besoin d’une valve  à l’hélium sont très peu nombreux, de sorte que nous avons résolu de ne pas intégrer ce dispositif dans nos modèles. » 

Même si elle repose sur une logique sans faille, il s’agit là d’une autre décision audacieuse recelée par  cette nouvelle collection exceptionnelle qui compte dans ses rangs la deuxième plus grande montre qu’IWC n’a jamais réalisée : la Perpetual Calendar Digital Date-Month. 

« Nous souhaitions disposer d’une ligne qui soit immédiatement identifiable comme typiquement IWC », conclut Christian Knoop. « Nous avions l’ambition de produire des garde-temps très techniques qui arborent simultanément la sobriété emblématique qui a fondé la renommée d’IWC. Les montres de plongée sont innombrables sur le marché et nous voulions présenter des montres qui ne se reconnaissent pas uniquement comme des créations IWC, mais se remarquent simplement au premier regard. »

 

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3 modèles Aquatimer exposés au SIHH 2014. © WorldTempus /Michèle Brunner