On appelle cela une révolution de velours. Certaines marques aiment frapper fort, s’exposer, briller. D’autres jouent l’humilité mais n’engagent pas moins des changements significatifs dans leur approche technique. Jaquet Droz est de ceux-là.

Petit composant, grand saut technologique

La pièce ne mesure pas plus de quelques millimètres. Pourtant, ce pourrait bien être elle la star de ce Baselworld pour la manufacture. Cette pièce, c’est un spiral, et il est réalisé en silicium. C’est la première fois que Jaquet Droz fait entrer le silicium dans ses garde-temps. Et ce n’est que le début.
Pour cette année charnière dans l’histoire de la maison, c’est – évidemment – la Grande Seconde qui a été élue. Modèle emblématique de la manufacture mais aussi de la belle horlogerie depuis 1784, la Grande Seconde est ici choisie dans sa version Quantième. Comme pour mieux marquer le coup de cette avancée technologique majeure, la pièce est proposée en deux versions or (rouge ou gris) de 39 ou 43 mm.

 

 Jaquet Droz Grande Seconde Quantième en or rouge

Grande Seconde Quantième en or rouge © Jaquet Droz

 

Pourquoi le silicium ? Techniquement, parce qu’il est amagnétique, insensible aux écarts de température et de pression. L’ensemble lui assure donc une parfaite tenue dans le temps. Voilà ce qui motive l’industrie horlogère – et aujourd’hui Jaquet Droz – à le choisir. Toutefois, l’élément n’est pas exempt de défauts. Il reste partie prenante d’un écosystème (l’échappement) et fixé à un élément (le balancier) qui, eux, restent sensibles aux chocs, à la gravité, etc. Enfin, certains lui reprochent l’impossibilité de le réparer. Un spiral en silicium se change, moyennant une opération fort dispendieuse et à la portée technique d’un nombre excessivement réduit de fabricants.
Qu’une maison comme Jaquet Droz, empreinte de tradition horlogère, se lance dans l’aventure du silicium vient donc valider une approche technique que beaucoup regardaient encore avec circonspection. Le choix de la Grande Seconde Quantième n’est pas anodin, il marque l’entrée par la grande porte de ce procédé disruptif. La pièce va rapidement devenir un collector recherché.

Un air de famille

Décidément à l’honneur à Bâle, la Grande Seconde se livre cette année dans sa version SW en pas moins de six nouvelles déclinaisons. Ses amateurs ne seront pas déroutés : on retrouve la lunette crénelée, les tons acier, l’applique transversale centrale, et toujours cet esprit résolument contemporain.
Les modèles 2014 offrent toutefois deux particularités : un bienvenu (et inédit) diamètre de 41 mm en sus du 45 mm, et une finition Côtes de Genève du cadran. On retrouve, en somme, l’esprit des Grande Secondes Quantième de Baselworld 2013, avec ses deux modèles eux aussi dotés de cadrans Côtes de Genève (bleus et marron). Leur test esthétique fut concluant, Jaquet Droz décide donc de l’étendre.

 

Jaquet Droz Nouvelles versions de la Grande Seconde SW, en acier et gris anthracite

Nouvelles versions de la Grande Seconde SW, en acier et gris anthracite © Jaquet Droz

 

Oiseau mis à nu

La Bird Repeater Openwork succombe, quant à elle, à la tendance squelette. C’est une pause esthétique que s’offre ici l’automate, après deux années successives de développements hors norme (révélation de l’automate en 2012, complété en 2013 d’une mélodie sifflée).
Aujourd’hui, la saga se poursuit avec une version plus épurée. Elle conserve les animations qui ont fait son succès : tandem de mésanges donnant la becquée à ses oisillons, déploiement des ailes, ruissellement d’une cascade, éclosion de l’œuf. Derrière le cadran en glace saphir, le mouvement automate a été mis à nu pour offrir davantage de visibilité à chacune des animations en couleurs, et laisser apparaître les éléments de l’automate noir, anthracite et gris. L’ensemble offre une profondeur et un contraste chromatique inédits.