Le SIHH attire les journalistes, les détaillants et les clients VIP pendant une semaine très exclusive. D’autres marques profitent de leur présence à Genève pour exposer des nouveautés. Certaines sont genevoises et jouent à domicile, d’autres dédoublent leurs lancements de produits avec le salon Baselworld, où elles exposent également. L’année 2014 a été marquée par la diminution de la taille de ces présentations que l’on appelle parfois off, comme il y a un off-Broadway ou un Festival d’Avignon off. Malgré tout, la moisson de nouveautés intéressantes n’a pas été maigre.

La première réédition des Zenith El Primero 410, en 2013, avait été l’objet d’une série limitée. La seconde mouture ne l’est plus et voit arriver deux changements sur le cadran. Les guichets de jour et de mois ne sont plus surplombés des inutiles petites étoiles que l’on trouvait sur les précédentes. Et le cadran est d’un nouveau type, que Zenith appelle velouté, c'est-à-dire très finement microbillé. Le résultat est du meilleur effet car les indications de ce quantième complet sont harmonieusement réparties sur le cadran.

Zenith_El_Primero_410

El Primero 410. © Zenith

 

Cela faisait longtemps qu’il était attendu et c’est désormais chose faite : Bovet possède son propre mouvement...sans grande complication. Habitué des tourbillons et autres heures universelles, des peintures miniatures sur commande, la marque de Fleurier avait beau disposer d'un outil de production important, elle ne possédait pas à son catalogue de mouvement simple, heures, minutes et secondes. Le calibre Virtuoso prend place dans deux nouvelles montres, faisant ainsi la démonstration de sa souplesse. Dans la Récital 12, il est un heure, minutes, petite seconde et réserve de marche (7 jours par défaut, excusez du peu). Dans la Recital 15, il prend le visage d’une heure sautante, minutes rétrograde d’un côté, réserve de marche et une autre petite seconde côté fond. Ce calibre peut accueillir une multitude de complications, les présenter côté cadran ou côté fond. Le principe du double aiguillage est cher à la marque, le calibre Virtuoso est donc réversible et flexible.

Bovet-Recital-15-sertie

Récital 15, version sertie. © Bovet

 

Urwerk ne cesse jamais d’étonner et de détonner. Alors que le monde horloger considère obligatoire d’être présent pendant un salon, la marque futuristico-geek annonce qu’elle ne sera pas présente cette année à Baselworld. Et par voie de conséquence, montrait déjà son prochain modèle, celui qui remplacera son ancien best-seller l’UR103. Mais pour des raisons de calendrier, nous ne pouvons montrer cette pièce. Sachez juste qu’elle existe et qu’elle a tout d’une Urwerk. La marque présentait également son EMC, ce modèle introduit l’année dernière. Il permet à son porteur d’en mesurer la marche à l’aide d’un système de mesure laser embarqué à l’intérieur de la montre, et de régler celle-ci pour un surcroît de précision de marche.

Urwerk-EMC

Urwerk EMC. © David Chokron/ WorldTempus

 

Delaneau est une marque poète. Discrète, très exclusive, elle s’adjoint les services d’émailleuses et sertisseuses du plus haut niveau. Elles confectionnent des montres d’un raffinement rare, encore méconnues. Cette Rondo Daisy en est un parfait exemple. Son cadran en émail grisaille représente des fleurs qui ont été grattées dans l’épaisseur de l’émail. Une marguerite en or et émail plique-à-jour a été ajoutée par-dessus, petite peinture sombre et gaie à la fois, pièce unique et exceptionnelle.

Delaneau-Rondo-Daisy

Delaneau Rondo Daisy plique-à-jour. © WorldTempus / David Chokron

 

C’est un garde-temps à l’apparence classique. Sous son grand cadran guilloché, la De Bethune DB28 Digitale dissimule un mécanisme qui permet à cette montre d’afficher la lune tridimensionnelle chère à la marque, mais également une heure sautante et des minutes sur un grand disque. Le travail de surface est étonnant, alternant argent guilloché on ne peut plus classique et titane bleui et poli hors norme. Pour couronner le tout, cette pièce au boîtier cylindrique est munie des fabuleuses cornes flexibles inventées par De Bethune, qui lui confèrent un confort de porter unique.

De-Bethune-DB28_Digitale

DB28 Digitale. © De Bethune

 

Unique, voilà bien un adjectif qui convient à la Poker de Christophe Claret. Mais fou, insensé, amusant auraient aussi fait l’affaire. Après le Baccarat et le Blackjack, il présente cette année sa troisième complication casino, le Poker en version Texas Hold’em. Sous un cadran ajouré, plusieurs disques portent les cartes. Elles sont mélangées en pressant sur un poussoir à 9 heures. Trois joueurs découvrent leur main dans des fenêtres grillagées sur le cadran. Puis une pression sur les autres poussoirs découvre le flop. Sur la photo, vous avez un carré d’as et vous raflez la mise !

christophe-claret-poker-1

Poker, de Christophe Claret. © WorldTempus / David Chokron

 

Hublot est en confiance. La marque transgresse un des interdits les plus forts du monde du marketing : elle joue avec son logo. La Big Bang Pop Art est un modèle pour dames, à la lunette sertie et au cadran de couleur pop souligné de touches de peintures. C’est le cas pour les index, mais aussi pour le H et le nom qui sont la signature de la marque. Une amusante manière de ne pas se prendre au sérieux, tout en faisant montre de sa liberté d’esprit.

Hublot-Pop-art-Lady

Pop Art. © Hublot

 

Graham fait des chronographes et quasiment rien d’autre. Ils sont grands, expressifs, colorés et ancrés dans l’univers de la course auto et moto. La Silverstone Vintage 44 est bien dans ce dernier cas, mais ni colorée, ni immense. Ce chronographe à cadran beige et à la lunette moletée est parfaitement adapté aux plus petits poignets, et élégant en prime. Il ne déroge pas aux codes Graham, en particulier les poussoirs surdimensionnés et des compteurs de chrono de grande taille qui donnent à cette ample montre des proportions harmonieuses.

Graham-Silverstone-Vintage-44

Graham Silverstone Vintage 44. © WorldTempus / David Chokron