La haute horlogerie de Cartier est décidemment unique en son genre. Après des années de lancements de complications originales, souvent uniques et spectaculaires, la grande nouveauté technique de la marque pour l’année 2015 est une montre à grande complication au sens classique… ou presque. Selon les mots de Carole Forestier-Kasapi, le mouvement de la Rotonde Grande Complication représente le plus complexe que la manufacture de mouvements ait eu à inventer. La directrice du développement des mouvements Cartier a en effet réussi à réunir le meilleur de deux mondes. Le premier est celui de la grande complication, où cohabitent une répétition minutes, un tourbillon volant et un quantième perpétuel. Côté exécution, on retrouve le soin porté aux pièces estampillées du poinçon de Genève et un squelettage extensif, même s’il faut dire qu’avec 578 composants, la transparence n’est pas ce qui définit le mieux cette pièce spectaculaire.

Cartier -  Rotonde de Cartier Grande Complication

Le mouvement de la Rotonde de Cartier Grande Complication. © David Chokron/Worldtempus

Car Cartier y a ajouté deux particularités qui la font sortir du lot. La première est un remontage automatique, rare à ce niveau de complexité, surtout qu’il est effectué par un micro rotor. Et plus encore, la Rotonde Grande Complication est étonnamment portable : le mouvement ne mesure que 5,49 mm d’épaisseur, un record pour une telle complexité. La montre finit avec des côtés de 45 mm de diamètre par 12,5 mm d’épaisseur, loin des poêles à frire (voire cocottes-minutes) qui peuplent la catégorie.

Cartier -  Rotonde de Cartier Grande Complication

Rotonde de Cartier Grande Complication. © David Chokron/Worldtempus

Cartier n’a pas pour autant délaissé ses premières amours et revient sur trois de ses complications fétiche. La première est l’Astrotourbillon. Son tourbillon est très excentré et porté par son aiguille des secondes. Il effectue donc un tour du cadran en une minute…sauf que de cadran, il n’y en a plus ! La montre et le mouvement ont été squelettés à tel point qu’il n’en reste qu’une périphérie (carrure de boîte et rehaut) et un centre dense (le mouvement). En matière de transparence et de suspension, on a rarement vu aussi poussé.

Cartier - Rotonde Astrotourbillon Squelette

Rotonde de Cartier Astrotourbillon Squelette. © David Chokron/Worldtempus

Autre classique de la marque à connaître une évolution, la Rotonde Tourbillon Lové est reprise selon une interprétation plus horlogère que sa version précédente. Finie la grille en chiffres romains en forme d’amphithéâtre. Le tourbillon volant du calibre 9458MC est toujours légèrement excentré et le cadran est désormais en or gris non rhodié et parcouru d’un profond et extensif guilloché.

Cartier - Rotonde Tourbillon Lové

Rotonde de Cartier Tourbillon Lové. © David Chokron/Worldtempus

La troisième modification sur un calibre et une montre existants porte sur la Rotonde Quantième Annuel. Le boîtier est désormais de 40 mm, une tendance de fond de Cartier qui réduit ses diamètres, montre par montre, année après année. Pour accompagner ce rapetissement, le mouvement et la disposition de son affichage ont été revus. Au final, la montre est plus petite, plus portable et plus lisible encore.

Cartier - Rotonde de Cartier Quantième Annuel

Rotonde de Cartier Quantième Annuel. © David Chokron/Worldtempus

Depuis ses débuts en tant que manufacture autonome, Cartier a su jouer sur les volumes, les décentrages, le squelettage. Depuis ses débuts en tant que marque horlogère, Cartier n’a jamais cessé de jouer sur les formes, les formats, les géométries. En 2015, la marque propose le mariage de ces deux piliers de son identité horlogère. Sa Crash Squelette initie le programme Mechanical Legends. Il verra tous les deux ans un grand classique de la marque réinterprété dans un sens à la fois très horloger et très décalé. La Crash Squelette en donne un avant-goût : son boîtier est celui de la Crash Watch de 1967. Son mouvement épouse parfaitement les formes indicibles, inclassables et iconoclastes de cette pièce. Mieux, cette forme est portée non pas par une platine simple et pleine, mais par des chiffres romains squelettés et déformés, qui constituent le mouvement. Encore une fois, comme avec ses complications, Cartier a su réunir le meilleur de deux mondes.

Cartier - Montre Crash Squelette

Montre Crash Squelette. © David Chokron/Worldtempus