Le tourbillon ne tourne pas en rond. Il se renouvelle en permanence. Sa plasticité est totale et l’année 2014 devrait en être à nouveau la preuve. En effet, lors de Baselworld 2014, une moisson fertile de nouveaux modèles a démontré que ce système d’échappement rotatif se prête à toutes les interprétations.

Dans le registre le plus classique qui soit, celui de Breguet, le tourbillon est le point focal du regard. Dans sa version squelettée, la Classique Tourbillon Quantième Perpétuel Squelette dégage un large espace à 6 heures pour que le pont anglé et évidé du tourbillon occupe la scène. Couplé à un quantième perpétuel rétrograde dont Breguet a la maîtrise depuis longtemps, il devient un élément de grande complication.

 

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Breguet Classique Tourbillon Quantième Perpétuel Squelette. © David Chokron / Worldtempus

 

Chez Blancpain, il est lui aussi l’élément le plus visible, à midi, dans la nouvelle Villeret Tourbillon 12 jours. Il surplombe un cadran en émail grand feu, classique dans un style épuré. Son énergie est emmagasinée dans un grand barillet qui lui confère une autonomie minimale de 290 heures. Le remontage automatique se fait par un rotor tellement grand qu’il dépasse le diamètre du calibre. Sa périphérie ne passe jamais derrière la cage de tourbillon pour en gâcher la vue.

 

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Villeret Tourbillon 12 Jours. © Blancpain

 

Le tourbillon sait aussi se plier à des exigences contemporaines. Ainsi, le mouvement le plus emblématique de Girard Perregaux, son Tourbillon sous Trois Ponts s’est prêté à un exercice de modernisation radicale. Le Néo Tourbillon sous Trois Ponts a la platine microbillée, mate et anguleuse. Ses ponts ont subi le même traitement après avoir été redessinés et squelettés. Tous s’offrent au regard sous un verre saphir cheminée, qui produit un effet panoramique sous tous les angles.

 

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Girard Perregaux Neo Tourbillon sous Trois Ponts. © David Chokron / Worldtempus

 

Car quand le tourbillon se donne à voir, il faut le regarder de près. Surtout quand il est fait de détails, et que ces détails sont immergés dans le noir. La Monaco V4 Tourbillon de TAG Heuer est ainsi totalement sombre. Mais son tourbillon à 9 heures s’est conformé aux principes qui ont fait de la V4 une montre unique en son genre : au lieu de roues, il régule la marche du mouvement par le biais de courroies.

 

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Monaco V4 Tourbillon. © TAG Heuer

 

Plus radical encore, mais au niveau du style cette fois-ci, Hublot en a fait une tête de mort. Apposer une cage en forme de crâne n’aurait pas été assez pour la Classic Fusion Tourbillon Skull. Alors tous les ponts visibles de cette montre prennent son concept de squelettage à la lettre : ils sont en forme d’os.

 

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Hublot Classic Fusion Tourbillon Skull. © David Chokron / Worldtempus

 

Du plus élégant au plus conceptuel, le tourbillon traverse également les frontières du genre. Chanel l’exploite depuis des années et pour 2014, s’en sert pour animer son étoile. En effet, la J12 Tourbillon Volant est une pièce joaillère qui fait trôner à 6 heures une cage en forme d’étoile sertie de diamants. Mais conformément aux codes de la maison, elle n’est pas symétrique. Ses cinq branches ont chacune leur longueur. Le tourbillon les met en mouvement. Encore plus que la chronométrie, sa cinématique reste la raison d’être de cette complication.

 

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J12 Tourbillon Volant, blanc. © Chanel