Vu du ciel, cela ressemble à un trait d’union creusé à flanc de montagne. Ce signe de syntaxe géographique, c’est la piste d’Ilulissat, l’aéroport international du Nord Groenland. En tout et pour tout, un unique terminal, deux guichets et 384 mètres de tarmac sur lesquels même un Dash se cabre pour atterrir.
En le quittant, l’on n’échappe pas à un dernier regard : cinq kilomètres plus loin, l’on est déjà aux pieds des icebergs. Ce théâtre de roches et de glace sera le terrain de jeu de la Engineer Hydrocarbon Spacemaster Orbital II de Ball Watch. Une montre extrême ? La marque l’affirme. C’est donc ce que nous allons vérifier, en conditions réelles. Objectif : 200 km en kayak, en totale autonomie sur deux semaines, en remontant les icebergs d’Iulissat vers le glacier Eqi, plus au Nord.


Bête de course
Le brief horloger de cette expédition aurait refroidi plus d’une marque : une montre étanche, anti-choc, avec double fuseau, date, bracelet acier, résistance aux températures négatives, mouvement automatique, chrono, une parfaite visibilité, un poids plume et un anti-magnétisme absolu, le pôle Nord (magnétique) n’étant pas bien loin sous nos pieds... Ball Watch a répondu présent. Son expérience dans les montres extrêmes, notamment celles approuvées par les Navy Seals, n’est plus à prouver.

L’Engineer Hydrocarbon Spacemaster Orbital II est la dernière née de la marque. Elle est dotée du dispositif Amortiser. Il comprend un anneau de protection qui entoure le mouvement mécanique, destiné à absorber l’énergie provoquée par des chocs latéraux. Un autre aspect du système Amortiser consiste en un mécanisme de verrouillage du rotor, grâce à un commutateur en forme d’hélice d’avion sur le fond du boîtier. Lors d’activités à risques, ce verrouillage permet d’éviter la propagation de l’énergie des chocs frontaux jusqu’au mouvement. Lorsque le rotor est verrouillé, la montre continue à fonctionner sur la réserve de marche de son calibre. Une fois les turbulences passées, le déverrouillage du rotor actionne à nouveau le remontage automatique du mouvement. Enfin, la pièce est proposée en titane, matériau qui allège considérablement un garde-temps de 45 mm et 1,8 cm d’épaisseur.

 

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La Engineer Hydrocarbon Spacemaster Orbital II de Ball Watch, 45 mm, d’une lisibilité optimale. © Olivier Müller / Delos Communications



Chocs thermiques
Ce poids contenu, tout juste 205 grammes, est le principal atout de la Spacemaster Orbital II. A kayak, seul sur mer entre les icebergs, il faut mesurer ses efforts. Une surcharge de l’avant-bras reportée sur des milliers de coups de pagaie peut avoir de fâcheuses conséquences, pouvant aller jusqu’à la tendinite.
Autre atout majeur : la lisibilité offerte par l’ouverture de 45 mm. Pour faire sa route sereinement, il ne s’agit pas de s’arrêter sans cesse pour se pencher sur sa montre. Un simple coup d’œil doit suffire. Certes, au Groenland au mois d’août, il fait jour...24h sur 24. Mais c’est précisément en raison de l’absence de nuit qu’il faut surveiller son temps d’effort et ne pas se laisser leurrer par l’attente d’une nuit de repos qui ne viendra jamais.

 

"D’un seul regard il faut pouvoir saisir l’heure".

Les nuits sous tente confirment cette nécessité : ouvrez un œil à 4h du matin, ce sera grand jour dehors et, pour les bons jours, un soleil radieux. Là aussi, d’un seul regard il faut pouvoir saisir l’heure et, le cas échéant, retourner dans les bras de Morphée sans céder à Apollon...
Parmi les autres réjouissances locales, les variations de températures. A même la peau, la Spacemaster Orbital II se réjouit de 25°. Mais le kayak est une embarcation aussi agile que frêle : une baleine à proximité, un pan d’iceberg qui s’écroule et provoque un tsunami et la seconde suivante se déroule en immersion dans une eau à 2°. A cet exercice, force est de constater que la Ball Watch résiste beaucoup mieux que son propriétaire, lequel ne dispose que de 30 minutes pour s’extraire du fatal élément liquide polaire.

 

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La Ball Watch s’accommode sans difficulté des écarts de températures entre peau, soleil et icebergs. © Olivier Müller / Delos Communications

 

"Tout, au quotidien, est un enfer pour un mouvement mécanique".

Traitements de chocs
Lors de ce type de raid, le choc n’est pas l’exception. C’est la règle. Coups de pagaie, chargement et traction du kayak, inévitables chutes sur glace ou rochers, montage du campement : tout, au quotidien, est un enfer pour un mouvement mécanique. La Spacemaster Orbital II a été conçue pour cette vie et cela s’en ressent : percutée de toutes part durant deux semaines, la pièce n’a pas dévié de ses tolérances d’origines, proches du COSC.
Enfin, on saluera le bon sens de Ball Watch à travers trois aspects. Le premier est le GMT, sobrement indiqué sur 24h à travers une aiguille rouge. N’en déplaisent aux horlogers en mal de complications absurdes, l’on n’a jamais trouvé mieux pour lire instantanément et intuitivement un second fuseau. Et cette heure domestique, en milieu polaire hostile, est tout ce qui relie l’explorateur à sa famille, ses proches, et ce que l’on imagine être leurs paisibles activités du moment. Testé et approuvé : cette petite aiguille rouge, dans les moments de moral flanchant, devient la meilleure amie de l’explorateur polaire isolé...
Ensuite, on note la loupe sur la date : à nouveau, une évidence considérée comme acquise. Et pourtant, lorsque le soleil brille 24h sur 24, ce guichet à trois heures devient indispensable pour ne pas perdre le fil des jours !
Enfin, on apprécie pleinement le chronographe non sécurisé. Aberration technique ? Bien au contraire : en plein effort en mer arctique, l’on n’a pas le temps de s’amuser à dévisser deux couronnes pour mesurer un temps, par exemple celui d’une distance à parcourir ou, tout simplement, calculer sa vitesse au regard de la distance indiquée sur la carte. Les poussoirs sécurisés sont l’apanage des aventuriers de salon. Dans la réalité polaire, ils sont une hérésie.

 

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Sur mer, la robustesse, la fiabilité et la lisibilité de la Spacemaster Orbital II sont aussi critiques qu’une carte ou un GPS. © Olivier Müller / Delos Communications

 

"100% de ses promesses sont tenues"

Testée et approuvée
Après 15 jours de traversée arctique, la Spacemaster Orbital II se révèle être une alliée imparable. 100% de ses promesses sont tenues. La pièce n’a pas souffert de la moindre défaillance malgré un traitement outrageusement hostile. L’expertise de Ball Watch en matière de montre extrême est totale.
La pièce a manifestement été conçue par de réels explorateurs et sportifs, évitant tous les écueils de mode ou de tendance au profit de la seule efficacité. C’est aujourd’hui l’arme absolue, proposée de surcroît à un niveau de prix défiant toute concurrence. Comme l’ironise le proverbe populaire : vous pourrez trouver moins bien...mais ce sera plus cher.

 

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Seul face à l’immensité polaire, pouvoir compter sur son garde-temps est fondamental. © Olivier Müller / Delos Communications