Originaire d’un pays connu pour son flegme, j’ai été délicieusement surpris par la petite bombe feutrée lancée par Bovet pendant la semaine du SIHH. Malgré quatre années de développement, rien n’avait filtré, pas même la plus frêle rumeur, au sujet de la pièce sur le point d’être dévoilée. Ni le dossier de presse ni une présentation privée n’ont entamé le caractère de ce garde-temps, présenté sans force superlatifs. Et pourtant, cette fois-ci, ils se seraient justifiés.

 

Front and back views of the Bovet Amadeo Fleurier Braveheart

L’Amadeo® Fleurier Braveheart®, cotés pile et face. © Bovet

L’Amadeo® Fleurier Braveheart® de Bovet conjugue tous les savoir-faire de la Maison, allant des composants fabriqués dans ses unités de production Dimier 1738 à la virtuosité de ses graveurs au Château de Môtiers. Nous voilà devant un cas rare où dédier un seul article à un garde-temps semble presque une insulte faite au travail que sa réalisation a nécessité. Raison pour laquelle nous avons décidé de diviser notre article en deux parties : la première est consacrée aux innovations techniques du mouvement et la seconde à tout ce qui l’entoure.

Un ressort de 104 cm
Quelles sont donc les 6 raisons d’observer de plus près l’Amadeo® Fleurier Braveheart® de Bovet ? Ce sont d'abord les six brevets qui attestent l’innovation technique de ce garde-temps.

1) Le boîtier convertible Amadeo®.  Il ne s’agit pas d’un composant du mouvement, et nous y reviendrons plus tard.

 

Bovet's patented double co-axial display

Le brevet Bovet pour l'affichage coaxial. © Bovet

2) Le brevet n° 0169-DI-CH concerne le mécanisme Bovet de double affichage coaxial des secondes, à la base de l’architecture réversible des garde-temps de la Maison.  Avec l’Amadeo® Fleurier Braveheart®,  ce mécanisme est inclus pour la première fois dans un échappement tourbillon.

 

Bovet's patented double-face tourbillon

Le brevet Bovet pour le tourbillon double-face. © Bovet

3) Dans sa quête de la perfection, Bovet n’a pas hésité à déposer un brevet spécifique pour le tourbillon double-face. Ce brevet protège la construction d'un tourbillon volant tenu au centre de son axe et dont l'échappement et le balancier spiral sont disposés de part et d'autre du point de fixation.

 

Bevel's patented hybrid structure felly balance wheel

Le brevet Bovet pour la serge de balancier. © Bovet

4) Pour ce garde-temps, Bovet a opté pour ce qu’il appelle un balancier « de compétition ».  Semblant presque issue de l’ère spatiale, la serge de balancier n’est pas une roue du tout,  mais un assemblage de trois bras rattachés à des rayons. Cette configuration garantit une inertie optimale et les masses profilées en forme d’ogive améliorent l’aérodynamisme du balancier. Pour un isochronisme optimal, Bovet emploie un spiral cylindrique, étiré, enroulé et réglé en interne.

 

Bovet's patented spherical differential for winding

Le brevet Bovet pour le différentiel sphérique de la tige de remontoir. © Bovet

5) Ce mouvement ultra-performant vise une précision parfaite mais l’accent a aussi été mis sur une économie maximale de la consommation d’énergie du mouvement.  Résultat : grâce à deux énormes barillets embarquant chacun un ressort de 104 cm de long, l’Amadeo® Fleurier Braveheart® offre une réserve de marche inégalée de 22 jours. Cependant, cette performance a occasionné un nouveau problème, aussitôt résolu par le 5e brevet. Avec une tige de remontoir traditionnelle,  il faudrait plus d’une centaine de tours de couronne pour remonter complétement un mécanisme doté d’un ressort aussi long. Mais Bovet préfère que les porteurs de ses garde-temps passent plutôt tout ce temps à admirer le tourbillon.  En conséquence, ses techniciens ont mis au point un différentiel sphérique sur la tige de remontoir qui divise par deux le nombre de tours de couronne nécessaire. En guise de comparaison,  un calibre ETA 2892 offrant une modeste réserve de marche de 42 heures, nécessite 30 tours de couronne pour être complétement armé.

 

Bovet's patented tridimensional toothing

Le brevet de Bovet pour les dentures tridimensionnelles. © Bovet

6) Et de ce 5e brevet découle le 6e, puisque pour faire fonctionner le différentiel sphérique, de nouvelles dentures tridimensionnelles s’avéraient nécessaires, afin de pouvoir engrener plusieurs roues autour d'une même route à n'importe quel angle d'inclinaison. Ce mécanisme complexe de remontage est visible à travers une ouverture à 12h sur le cadran d’une des faces de la montre.

Bovet reste discret sur les performances chronométriques de l’Amadeo® Fleurier Braveheart®, mais il est certain que son mouvement remplit les exigences d’un chronomètre. Plus significatif cependant,  le fait qu’il n’existe qu’une perte d’amplitude minime entre les positions horizontales et verticales lui confère un avantage considérable sur les montres à tourbillon conventionnelles.

Voilà donc pour le cœur du garde-temps. Découvrez prochainement dans la seconde partie de notre analyse pourquoi l’Amadeo® Fleurier Braveheart® est tout aussi impressionnant à l’extérieur.