Depuis plusieurs années, l’EPFL (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) poursuit une politique d’expansion géographique dans le but d’implanter ses activités de recherche à proximité  des secteurs industriels d’intérêt, et avec comme résultat l’ouverture de campus à Genève, Fribourg et Sion. Après la reprise de l’Institut de Microtechnique de Neuchâtel en 2007, l’EPFL a déménagé dans ses nouveaux locaux neuchâtelois en septembre dernier. Coïncidant avec l‘inauguration officielle du nouveau bâtiment,  surnommé “Microcity”, Richemont a annoncé le 28 avril qu’il allait fonder la 11e chaire académique de l’institution.

La chaire en Technologie  de fabrication multi-échelle est la troisième chaire sponsorisée de l’institution. Elle a pour vocation de développer des synergies avec les entreprises de la région  afin qu’elles  bénéficient des résultats de ses recherches dans le domaine. “ Pour nous, ce qui est intéressant, c’est que l’EPFL se soit rapprochée des entreprises locales”, précise Ricard Lepeu, co-CEO de Richemont.

 

Christian Enz et Patrick Aebischer, de l'EPFL, et Richard Lepeu, Richemont, pendant la conférence de presse. © Paul O'Neil / WorldTempus


Avec les deux-tiers des 10 000 employés de Richemont en Suisse répartis sur 20 sites de production, l’importance de la recherche en technologies des fabrications est évidente. Le travail de ce nouveau département au sein de Institut de Microtechnique - qui comprendra jusqu’à 20 chercheurs-assistants - viendra compléter les 100 millions de francs suisses que les marques individuelles du groupe Richemont y investissent déjà.  Il mettra l’accent sur les nouvelles technologies, telles que l’impression 3D, l’usinage laser et la lithographie et la gravure plasma, toutes trois déjà appliquées dans l’horlogerie et la joaillerie.

 “ Nous utilisons déjà la stéréolithographie” confie Philippe Leopold-Metzger, CEO de Piaget, à WorldTempus. “Nous pouvons transférer des fichiers en 3D directement de l’ordinateur à la production”. Cependant, le niveau de précision atteint actuellement par l’impression 3D (0.1mm) n’est pas suffisant pour une fabrication à grande échelle.  Un des principaux thèmes de travail du nouveau groupe de recherche consistera  à poursuivre les investigations  dans ce domaine.

Mais avant que les recherches ne puissant commencer  en 2015, il reste à trouver le futur professeur.  Si le recrutement des candidats a déjà commencé,  sur la base d’un profil déterminé en collaboration avec Richemont, il faudra prendre le temps de bien choisir, car il s’agit d’un poste de très durée dont le titulaire aura la lourde mission de créer et de gérer l’équipe de chercheurs.

Ce n’est que lorsque le candidat parfait aura été sélectionné et l’équipe de chercheurs  constituée, que les recherches dans ces technologies de fabrication de pointe pourront débuter. “L’innovation est un devoir pour un groupe leader comme Richemont, confirme Richard Lepeu. “Ces nouveaux procédés nous ouvrent un panorama illimité de possibilities techniques pour répondre aux enjeux industriels de demain”.

Même si les fruits de cette recherche ne se récolteront que dans quelques années, l’annonce faite hier par Richemont et l’EPFL illustre leur désir commun de prendre une longueur d’avance dans la course à l’innovation.