Richard Mille, l’homme, était fort peu visible ce week-end. Peut-être était-ce dû à l’immensité du parc Renaissance du Château de Chantilly, théâtre de verdure de son premier Concours d’Elégance. Au total, plus de 500 autos s’y sont rassemblées, laissant professionnels et amateurs déambuler au gré des jardins dessinés par Le Nôtre.
Ce cadre bercé d’un généreux été indien a permis à la manufacture d’entrer dans la dimension historique de l’automobile. Sans rien renier de son attachement à l’hyper-performance, Richard Mille a su convoquer, le temps d’un week-end, les amateurs de cylindrées des années 30 à 70, clairsemés autour de grandes nappes étendues au pied de vénérables Facel Vega, Aston Martin, Bugatti, Jaguar et autres Maserati. La firme italienne a d’ailleurs saisi l’occasion pour fêter son centenaire.


Discrète modernité
Comme pour rappeler que Richard Mille, la marque, n’engageait pas ici un tournant rétro-vintage, on put néanmoins apprécier quelques bolides du XXIe siècle. En témoignent les dernières bêtes de course signées McLaren, des bolides développant 650 chevaux...dotés de moteurs hybrides. L’avenir sera vert ou ne sera pas.
A leurs côtés, ce ne sont pas moins d’une dizaine de grandes marques qui ont profité de l’occasion pour présenter leurs tout derniers concept-cars. Citroën, constructeur français jouait ici à domicile et a exposé plusieurs nouvelles variations de sa DS.

 

Richard-Mille-concours-elegance-MacLaren.jpg

McLaren, présente avec sa P1 GTR et ses 650 chevaux hybrides, rappelle l’attachement de Richard Mille à l’hyper-performance. © David Carteron / Delos Communications

 

Cliquez sur la grande image tout en haut de la page pour ouvrir la galerie-photos.

 

"Le Concours d’Elégance Richard Mille deviendrait-il le terrain de pré-annonces et autres exclusivités pour clients VIP ?"

Au final, le Concours d’Elégance Richard Mille, sous ses airs d’un week-end à la campagne, a discrètement jeté quelques pavés dans la mare du Salon de l’Auto, lequel n’ouvre que trois semaines plus tard à moins d’une heure de Chantilly. Le Concours d’Elégance Richard Mille deviendrait-il le terrain de pré-annonces et autres exclusivités pour clients VIP ? L’histoire ne le dit pas encore. Il faudra peut-être patienter jusqu’à la seconde édition.


Elégance mécanique
Pour Richard Mille, l’enjeu de cette première édition était donc remarquable. Rarement le public touché par l’événement aura été aussi large. Plusieurs centaines de journalistes accrédités, la venue du grand public, une couverture médiatique digne d’un grand festival : tout laissait à penser que l’on vivait là le jubilée d’un événement mondain historique. Il n’en était rien : ce « Chantilly Arts & Elégance Richard Mille » était donc le premier. Le rendez-vous officiel pour l’année prochaine n’a pas encore été pris, mais on ne saurait douter de cette issue.

Doit-on en déduire un tournant mécano-rétro pour Richard Mille ? L’homme, fonctionnant autant à l’instinct qu’à l’amitié, ne s’en priverait pas. L’univers de la performance est son quotidien, et celle-ci n’existe que par des décennies d’innovations mécaniques. Les rassembler en un lieu unique, le temps d’une journée, est probablement le plus bel hommage que Richard Mille pouvait rendre à un univers automobile qui lui a tant donné, sans que cela ne l’engage pour ses prochaines créations. Même si l’on ne renierait pas une RM aux courbes d’une Bugatti Royale, alliée à la performance d’une super-car...