L’accent du salon TimeCrafters - qui avait à nouveau investi le Drill Hall du Park Avenue Armory, en plein cœur de Manhattan -  était, cette année, clairement mis sur le « savoir-faire ».  Chopard, par exemple, avait choisi d’exposer exclusivement des pièces de haute horlogerie,  alors que TAG Heuer ne présentait que ses collections pour homme et ses modèles high-tech, comme le V4 Tourbillon, dévoilé à Baselworld il y a quelques semaines.

 

TAG Heuer Monaco V4 Tourbillon

A TimeCrafters, les New Yorkais ont eu la chance rare d'essayer la TAG Heuer Monaco V4 Tourbillon. © Paul O'Neil / WorldTempus


Réputé pour ses garde-temps inspirés des jeux de casino et ses complications à sonnerie, Christophe Claret, pour sa première participation à TimeCrafters, a présenté Margot, sa nouvelle et première complication pour dame, poétiquement inspirée du jeu de l’effeuillage de la marguerite.

 

"Margot" by Christophe Claret

"Margot" de Christophe Claret. Il m’aime un peu, beaucoup, passionnément…" © Christophe Claret

 

« Exposer ici est une bonne occasion de rencontrer les collectionneurs », commente Wolfgang Sickenberg, Directeur général opérationnel chez Christophe Claret. « C’est un public de connaisseurs. Et c’est aussi l’opportunité de montrer aux détaillants que nous nous investissons pour développer le marché. »

Richard Mille figure parmi les quelques marques à avoir exposé des pièces haut de gamme pour dame. Le Directeur commercial, Tim Malachard, insiste sur l‘importance de pouvoir les montrer au grand public. « TimCrafters est devenu intéressant pour nous dès lors que d’autres marques haut de gamme y ont également participé, au vu surtout de notre gamme de prix »  explique-t-il à WorldTempus. « Plusieurs de nos détaillants ont deux boutiques à New York et pour nous, il est aussi important d’avoir l’occasion de les rencontrer ».

De Bethune n’est pas venu à TimeCrafters dans le but premier de vendre des montres, souligne son CEO Pierre Jacques, bien que sa seconde participation au salon prouve qu’exposer ici en vaut la peine. « C’est une excellente aubaine pour présenter nos garde-temps au public new-yorkais », concède-t-il. « Je pense que les gens viennent ici avec bien moins d’inhibition, et ils peuvent découvrir les pièces que nous avons lancées durant l’année. Cela ne se traduit pas nécessairement par un achat dès le lendemain, mais cela nous aide à soutenir nos partenaires d’ici. »

Il y a peut-être une marque pour laquelle il était plus important que pour les autres de montrer directement ses produits au public. Les « Hydro-Mechanical Horologists » de HYT ont exposé pour la première fois à TimeCrafters leur technologie unique d’affichage de l’heure par des fluides colorés sur la circonférence du cadran, plutôt que par des aiguilles.

 

H1 by HYT

HYT a présenté à New York son édition limitée de la H1 blanche. © Paul O'Neil / WorldTempus

 

Vincent Perriard, CEO de HYT, est venu en personne pour y expliquer cette technologie intrigante. «  Notre logique d’exposition est différente », indique-t-il, « du fait que nous sommes dans nos deux premières années de commercialisation. Maintenant que les produits sont prêts, nous pouvons commencer à ouvrir les portes. Mais il s’agit davantage de communication ici : il faut expliquer la montre et créer des contacts avec les fans d’horlogerie ».
« L’année passée, nous étions déjà au Salon QP de Londres et à Belles Montres, à Paris, et à chaque fois nous avons eu un excellent retour du public. Si nous n’avons pas vraiment vendu de montres sur place, nous avons fait connaître le nom de notre marque, et quelques semaines plus tard, un impact sur les ventes s’est fait ressentir. En résumé, il y a une corrélation évidente entre l’exposition et les ventes. C’est manifeste. ».

Parlant au nom des organisateurs, Eric Dumartin confirme la bonne humeur générale des exposants. « Le plus important est le « feedback » des marques », dit-il. « Par exemple, Audemars Piguet et A. Lange & Söhne ont toutes les deux enregistré des très belles réactions, particulièrement le samedi ». « Elles ont vendu beaucoup de montres et pris des commandes ou des réservations qu’elles ont  adressées aux boutiques. Cette tendance est en forte hausse par rapport à l’année passée. »

« Notre but est de présenter la haute horlogerie au grand public, et pas seulement aux collectionneurs et aux connaisseurs. Nous allons développer le concept et continuer de travailler avec nos partenaires média pour mieux faire connaître la haute horlogerie ».

En quelques éditions seulement, TimeCrafters et parvenu à s’imposer comme un événement horloger majeur auprès des marques et du public. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine, au même endroit.